Jeudi 3 février 2005

                            Les années Seventies…Suite 5

                          And the road again…Carcassonne

 

Deux années ont passé entre médicaments, psychiatre, dessins, peintures, virés dans les musées et galeries…

Bref, je me suis cultivationné…..
Puis un jour, par l’intermédiaire d’un journal, je fais la connaissance d’un peintre qui cherchait une personne pour restaurer sa maison. On se fixe rendez-vous à Paris pour un premier contact. Là il décide de m’emmener chez son avocat, dans le 16 ieme arrondissement, histoire de faire les présentations (je ne savais pas encore pourquoi). Deux semaines plus tard je me retrouve donc chez ce peintre. Il s’agit d’un coin isolé dans les environs de Carcassonne. Une grande bâtisse, l’atelier occupe tout le premier étage, avec de grandes baies vitrées. Là je découvre ses œuvres…Incroyable, des délires sexuels traduits de façon enfantine, sans aucune technique, le genre de production impossible à mettre dans une galerie sans faire claquer de rire tous les invités. Pour ma part j’ai plutôt l’impression que sa peinture n’est qu’une couverture. Comment expliquer son train de vie, des corbeilles qui traînent partout dans la maison pleine de billets de banque.
Je me mis donc au travaille, le matin étant consacré exclusivement au dessin et à la peinture. Puis un jour il reçut la visite de deux colosses à la mine pas très engageante (patibulaire, mais presque), mais d’une approche sympathique.
Je me mis en retrait histoire de ne pas les déranger, tout en réussissant à capter l’essentiel de la conversation.
Il était question d’une organisation (dissoute depuis), et d’affaires un peu louches.
Quelques jours après, il me propose de le seconder dans ses « affaires », et me met au parfum.

Il m’explique qu’il s’agit d’un travail d’une vingtaine de minutes, de temps en temps, pour gagner de quoi vivre pour le reste de l’année.  Puis il me raconte une anecdote histoire de me mettre dans l’ambiance.
Il devait conduire un corbillard, deux colosses étaient chargés de prier un individu d’y prendre place pour le raccompagner chez lui, pendant que les deux costauds à l’arrière du véhicule nettoyaient leur flingue. Il s’agissait juste d’une intimidation, sans plus.
Ce genre de magouille ne m’intéressait évidemment pas, et j’ai compris en définitive qu’il désirait quelqu’un pour le remplacer, car visiblement il ne pouvait pas quitter cette organisation sans casse.
Le seul moyen pour lui était de parrainer un crétin pour prendre sa place, c’était tombé sur moi.
Pas question de me laisser embarquer dans cette galère, et je décidais quelques temps après, de me  réfugier chez une amie.

Elle vivait avec une collègue, et me suis retrouvé dans un appartement avec deux femmes qui faisaient parti d’un mouvement féministe qui comptait 150 membres, dont deux hommes (les veinards).
Evidemment, les collègues militantes furent très vite au courant de ma présence, et je les vis défiler une à une, histoire de voir a quoi ressemblait le phénomène. Et j’en ai vu des sévères, il faut dire qu’à l’époque certaines militantes poussaient très loin le refus de la soumission au despotisme masculin, de sorte que certaines d’entres elles ne s’épilaient plus. J’en ai même vu avec des poils de barbe de plusieurs centimètres de longs. Ça peut faire rire ou pleurer, je ne sais pas. Le mouvement auquel elles appartenaient n’acceptait pas les hommes, mais pour elles, les deux qui en faisaient partie étaient des prototypes hors du commun, des êtres supérieures, elles m’en parlaient comme des dieux vivants.
Bref, à coté j’étais une merde, et à force de les entendre déblatérer je finissais par complexer à mort.
Puis vient le jour fatidique où elles décidèrent d’inviter les deux bouffis. Evidemment, j’étais dans mes petits souliers, la queue entre les jambes, et j’appréhendais la confrontation de ces divinités dont je n’étais pas digne.
Merde, ça sonne, je me précipite la peur au ventre…
J’ouvre la porte, et apparaissent les deux super héros…….. Devant mes yeux hagards….

Un petit gros rigolard qui ne pensait qu’à manger et « baiser ». (Genre joyeux des sept nains, avec le nez rouge). J’avais déjà envie de me marrer. Et l’autre, tout le contraire, le genre coincé, glacial, (Jacques l’éventreur en personne). Là je n’avais plus envie de me marrer.

Bref, je fais entrer Laurel et Hardy, et je me précipite aux toilettes pour me marrer, et j’en ressort avec l’angoisse que ça me prenne devant eux. (Qu’elle galère).

Tout le long de la soirée je basculais entre l’envie de rire, le malaise et pressé que les deux abrutis partent, L’éventreur me glaçait et j’évitais soigneusement de me trouver à coté de lui.

De temps en temps je croisais le regard de mon amie, les yeux brillants d’admiration devant ces deux exceptionnels (crétins, machos, et beaufs). Je tombais des nues, comment deux femmes intelligentes peuvent être aveuglées à ce point ???

J’ai souffert en silence pendant toute la soirée, (plaisanterie de salle de garde, etc.…je passe sur les choses plus hard), et quand les deux pingouins sont partis, mon amie ma regardé dans les yeux en me demandent ce que je pensais d’eux, et là, j’ai explosé de rire, je ne pouvais même plus parler, les larmes me coulaient sur les joues, mort de rire, mal partout, j’évacuais la tension de toutes la soirée. Inutile de vous dire qu’elle m’a fait la gueule tout le reste de la semaine.
Puis vint Le week-end où elle décida de partir à la neige…… Histoire de se péter une jambe….

Aussitôt quelle fut partie, je déposais les clefs sur la table, claquais la porte derrière moi, et pris le train direction toulouse.
Je ne devais plus jamais la revoir. (C’est lâche, je sais, mais on est une bête ou pas…).

……………………………………….A suivre…..

Par rava alava - Publié dans : Mes tranches de vies
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Mercredi 2 février 2005

                                 Les années Seventies…Suite 6

                                                 Toulouse

Sur place je prendre un appartement avec une amie, nous avions le projet d’une troupe de théâtre.
Je n’ai plus le souvenir de l’adresse, mais ça s’appelait « Volubilis » et pas pour n’importe qu’elle raison….
Le Volubilis est une fleur, mais là il s’agissait des graines que l’on faisait infuser pour s’envoyer en l’air (et oui j’ai replongé au truc). La drogue c’est comme les cigarettes, on ne s’arrête pas du premier coup.

Je vous déconseille fortement ce genre d’infusion, car en réalité ça n’était pas les graines qui agissaient, mais le conservateur qui les enrobaient, car après les avoir rincées, les mêmes graines n’avaient aucun effet.

Je suis resté dans l’appart tout l’hiver, je vendais mes dessins pour survivre, à l’époque ça me suffisait pour payer le loyer et me nourrir, ou plutôt nourrir tout le monde, car l’endroit était très connu et ouvert à tous jour et nuit, et croyez moi ça défilait en permanence.
Il y avait de tout, dealers, toxicos, voleurs, et descente de flics au dessert (c'est-à-dire en pleine nuit).
Il faut que je vous décrive cet appartement, ou plutôt ce bourbier dans lequel on vivait.

Imaginez un couloir et une chambre, pas de meuble, juste de la mousse par terre, une fenêtre qui ne fermait pas car gonflée par l’humidité, et une condensation telle que le plafond était parsemé d’une multitude de gouttelettes qui vous tombaient dessus pendant votre sommeil, et bien sûr pas de chauffage.

Le matin, je m’habillais le plus rapidement possible (mes fringues étaient gelées et humides), et je courais au café le plus proche pour me réchauffer.

Ensuite j’allais vendre mes dessins, enfin quand je n’avais pas un accident de joint, car on fumait beaucoup et des fois toute la journée. Dans ces conditions, le projet de théâtre est évidemment tombé à l’eau, la copine ne pensait plus qu’à la dope et à ses histoires de cul. Petit à petit la troupe en gestation s’est dispersée, et j’ai quitté les lieux à mon tour pour poursuivre ma peinture. C’est à cette période que je fis connaissance avec le monde des peintres et le milieu associatif.

…………………………………….A suivre…

Par rava alava - Publié dans : Mes tranches de vies
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