Les années Seventies
Suite 5
And the road again Carcassonne
Deux années ont passé entre médicaments, psychiatre, dessins, peintures, virés dans les musées et galeries
Bref, je me suis cultivationné
..
Puis un jour, par lintermédiaire dun journal, je fais la connaissance dun peintre qui cherchait une personne pour restaurer sa maison. On se fixe rendez-vous à Paris pour un premier contact. Là il décide de memmener chez son avocat, dans le 16 ieme arrondissement, histoire de faire les présentations (je ne savais pas encore pourquoi). Deux semaines plus tard je me retrouve donc chez ce peintre. Il sagit dun coin isolé dans les environs de Carcassonne. Une grande bâtisse, latelier occupe tout le premier étage, avec de grandes baies vitrées. Là je découvre ses uvres
Incroyable, des délires sexuels traduits de façon enfantine, sans aucune technique, le genre de production impossible à mettre dans une galerie sans faire claquer de rire tous les invités. Pour ma part jai plutôt limpression que sa peinture nest quune couverture. Comment expliquer son train de vie, des corbeilles qui traînent partout dans la maison pleine de billets de banque.
Je me mis donc au travaille, le matin étant consacré exclusivement au dessin et à la peinture. Puis un jour il reçut la visite de deux colosses à la mine pas très engageante (patibulaire, mais presque), mais dune approche sympathique.
Je me mis en retrait histoire de ne pas les déranger, tout en réussissant à capter lessentiel de la conversation.
Il était question dune organisation (dissoute depuis), et daffaires un peu louches.
Quelques jours après, il me propose de le seconder dans ses « affaires », et me met au parfum.
Il mexplique quil sagit dun travail dune vingtaine de minutes, de temps en temps, pour gagner de quoi vivre pour le reste de lannée. Puis il me raconte une anecdote histoire de me mettre dans lambiance.
Il devait conduire un corbillard, deux colosses étaient chargés de prier un individu dy prendre place pour le raccompagner chez lui, pendant que les deux costauds à larrière du véhicule nettoyaient leur flingue. Il sagissait juste dune intimidation, sans plus.
Ce genre de magouille ne mintéressait évidemment pas, et jai compris en définitive quil désirait quelquun pour le remplacer, car visiblement il ne pouvait pas quitter cette organisation sans casse.
Le seul moyen pour lui était de parrainer un crétin pour prendre sa place, cétait tombé sur moi.
Pas question de me laisser embarquer dans cette galère, et je décidais quelques temps après, de me réfugier chez une amie.
Elle vivait avec une collègue, et me suis retrouvé dans un appartement avec deux femmes qui faisaient parti dun mouvement féministe qui comptait 150 membres, dont deux hommes (les veinards).
Evidemment, les collègues militantes furent très vite au courant de ma présence, et je les vis défiler une à une, histoire de voir a quoi ressemblait le phénomène. Et jen ai vu des sévères, il faut dire quà lépoque certaines militantes poussaient très loin le refus de la soumission au despotisme masculin, de sorte que certaines dentres elles ne sépilaient plus. Jen ai même vu avec des poils de barbe de plusieurs centimètres de longs. Ça peut faire rire ou pleurer, je ne sais pas. Le mouvement auquel elles appartenaient nacceptait pas les hommes, mais pour elles, les deux qui en faisaient partie étaient des prototypes hors du commun, des êtres supérieures, elles men parlaient comme des dieux vivants.
Bref, à coté jétais une merde, et à force de les entendre déblatérer je finissais par complexer à mort.
Puis vient le jour fatidique où elles décidèrent dinviter les deux bouffis. Evidemment, jétais dans mes petits souliers, la queue entre les jambes, et jappréhendais la confrontation de ces divinités dont je nétais pas digne.
Merde, ça sonne, je me précipite la peur au ventre
Jouvre la porte, et apparaissent les deux super héros
.. Devant mes yeux hagards
.
Un petit gros rigolard qui ne pensait quà manger et « baiser ». (Genre joyeux des sept nains, avec le nez rouge). Javais déjà envie de me marrer. Et lautre, tout le contraire, le genre coincé, glacial, (Jacques léventreur en personne). Là je navais plus envie de me marrer.
Bref, je fais entrer Laurel et Hardy, et je me précipite aux toilettes pour me marrer, et jen ressort avec langoisse que ça me prenne devant eux. (Quelle galère).
Tout le long de la soirée je basculais entre lenvie de rire, le malaise et pressé que les deux abrutis partent, Léventreur me glaçait et jévitais soigneusement de me trouver à coté de lui.
De temps en temps je croisais le regard de mon amie, les yeux brillants dadmiration devant ces deux exceptionnels (crétins, machos, et beaufs). Je tombais des nues, comment deux femmes intelligentes peuvent être aveuglées à ce point ???
Jai souffert en silence pendant toute la soirée, (plaisanterie de salle de garde, etc.
je passe sur les choses plus hard), et quand les deux pingouins sont partis, mon amie ma regardé dans les yeux en me demandent ce que je pensais deux, et là, jai explosé de rire, je ne pouvais même plus parler, les larmes me coulaient sur les joues, mort de rire, mal partout, jévacuais la tension de toutes la soirée. Inutile de vous dire quelle ma fait la gueule tout le reste de la semaine.
Puis vint Le week-end où elle décida de partir à la neige
Histoire de se péter une jambe
.
Aussitôt quelle fut partie, je déposais les clefs sur la table, claquais la porte derrière moi, et pris le train direction toulouse.
Je ne devais plus jamais la revoir. (Cest lâche, je sais, mais on est une bête ou pas
).
.A suivre ..
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