Mes tranches de vies

Dimanche 30 janvier 2005

            Le retour……..Suite2 et fin

Je m’aperçois que je n’ai pas respecté l’ordre chronologique dans mon récit, mais après tout ça n’a pas vraiment d’importance… J’ai omis la période dans une ville du midi de la France oû mes activités étaient plus politiques.

Je ne vais pas m’étendre là dessus, mais c’est  là que j’ai fait la connaissance de groupes anarchistes j’ai réalisé quelques affiches pour eux, participé à des manifs etc… Tiens au fait, je ne sais pas si c’est toujours employé dans les manifs, il s’agit de rondelles de pommes de terre, il fallait se frotter les yeux avec pour luter contre les inconvénients des lacrymogènes, ça atténue l’irritation (enfin c’est pas terrible), par contre pour vous empêcher de dégobiller je n’ai pas la solution, à part le masque, mais pour courir ça risque de poser problème…

J’ai le souvenir d’une manif contre les exécutions capitales en Espagne sous le régime Franquiste, oû les crs n’ont pas hésité à charger malgré la présence de personnalités et de personnes âgées devant le cortège. Le souvenir des descentes de flics et perquisitions en pleine nuit. Si vous voulez foutre le bordel chez vous c’est radical….

Un jour, à Paris je passe devant un bâtiment avec une banderole « Luttons ensemble contre la société de consommation ».

Ça m’intrigue, et puis finalement je pense qu’il s’agit d’un piège publicitaire pour attirer les gogos. Quelques années plus tard, je tombe sur un bouquin qui relate la saga d’action direct, et je découvre qu’il s’agissait d’eux, avant qu’ils ne prennent le maquis. J’ai raté une rencontre qui m’aurait intéressé, mais je ne les aurais pas suivi, à l’époque je ne pensais pas que la violence pouvait résoudre quoi que se soit….Aujourd’hui je ne sais pas, quand on voit tout ce qui se passe, l’indifférence, la soumission, la béatification des crétins de toutes sortes, la télé, que l’extrême droite peut s’exprimer en toute impunité, le retour à l’esclavagisme, le gangstérisme étatique, que les jeunes ne s’intéressent plus à la politique, etc….

Plus je prends de l’âge et plus je deviens extrémiste, comme quoi ça ne conduit pas forcément à une forme de sagesse…

Si j’ai cru à une époque que l’on pouvait résoudre les problèmes par les voies pacifiques, aujourd’hui je ne pense plus du tout de la même façon. Je ne crois plus que l’on puisse changer quoi que se soit par les voies démocratiques. Essayez de convaincre les gens de moins polluer…ils s’en foutent complètement, la facilité l’emporte toujours. Quand au gouvernement…
Pour en revenir à mon récit, j’ai définitivement arrêté les drogues, sans médicaments…. Même si mes problèmes psychologiques sont toujours présents, je n’éprouve plus ce besoin, car c’était aussi lié à une époque et un milieu que je ne fréquentais plus.
Mes nouveaux amis étaient peintres ou musiciens.
Durant toutes ces années j’ai exposé, créer des associations, et surtout bossé la peinture comme un dingue.

Et puis un jour en 1994, mon père décède d’une crise cardiaque. Mes parents n’avaient pas prévue de successions et la totalité des biens revenait aux enfants. Mais vu la crise que ma mère nous a fait, on décida de tout lui laisser.

Elle vendit la maison pour partir dans le midi sous la surveillance de ce grand frère (son fils préféré) qui aujourd’hui l’a dépouille consciencieusement de ses économies, sans que je ne puisse intervenir, du moins légalement…

Au début, elle me téléphonait régulièrement, me tenant la jambe pendant plusieurs heures pour me raconter des horreurs qui me sapait le moral pour le reste de la journée. Depuis plusieurs années je n’ai plus de nouvelles…

A-t-elle égaré mon numéro ? En tous cas je préfère ne pas l’appeler….
Aujourd’hui je vis dans une autre région, à la campagne ou je retape une ferme pour y créer un centre artistique.

J’ai quelques fois la nostalgie des communautés, de cette utopie d’une vie différente et moins matérialiste, de ces amis avec lesquels on partageait le peu que l’on avait… C’est incroyable la haine qu’a pu susciter ce mouvement, je me suis fait agresser des tas de fois, cracher dessus dans la rue….Tabassé….Avoir les cheveux longs à l’époque, c’était se mettre à dos une bonne partie de la population….Et je les ai eu très long (encore aujourd’hui)….Jusqu’à la taille…et teints au henné.
A 16 ans je calquais mon look sur celui de Jimmy Hendrix et ceci dans les plaines de Beauce, le plus sûr moyen de se faire démonter la tronche…. On m’en a tellement fais bavé avec mes cheveux, que je me suis juré de ne jamais les couper…..Et puis je ne suis pas du genre à me soumettre comme ça…Les Beaucerons c’est têtu…

J’ai gardé de cette époque un shilom et un portrait qu’une amie avait fait de moi sur la plage de Sète en 1971…

Quelques photos du festival de White oû l’on pouvait côtoyer les Hells Angels, c’est là que j’ai vu pour la dernière fois Jimmy Hendrix, il devait mourir un mois après, j’ai appris sa mort dans un café alors que j’étais sous amphétamine …….

Par contre je n’ai aucun de mes dessins  réalisés dans cette période, ils ont tous été vendus ou donnés, et c’est sûrement ce que j’avais fait de mieux. Baudelaire disait : « Faites fumer du cannabis à votre charcutier, il fera des rêves de charcutier », heureusement ce ne fut pas mon cas. Il y avait une créativité incroyable à cette époque, j’ai le souvenir de fresques que j’aurais aimé garder… Bon, là je m’aperçois que je tombe dans la nostalgie de vieux cons…

Ce récit n’est évidemment pas complet, je le reprendrais plus tard pour le détailler davantage, j’ai omis volontairement des périodes importantes… mais je ne voulais pas trop choquer.  Et puis l’auto censure c’est difficile à combattre…

Voila…..C’est fini……

Par rava alava
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Mardi 1 février 2005

               Les années Séventies...Suite 7                                    

                          Le retour…

                                            

Mes parents m’ont prêté une dépendance pour y aménager mon atelier. Le seul moyen relativement efficace pour chauffer cet endroit était le poêle à charbon, car sous les toits, même bien isolé c’est pas si évident que ça.

C’est dans ce petit local que je me suis plongé dans la peinture et le dessin. Je restais de longues périodes sans sortir, je bossais comme une bête. Et puis les problèmes de santé ont déboulé….Je ne vais pas m’étendre là dessus, mais juste une période. Elle  a commencé par une crise de cystite…

Moi qui pensais que c’était réservé aux femmes….Il faut vraiment connaître ça pour comprendre ce que c’est, surtout que cette saloperie a duré un an, jour et nuit. Des brûlures et envies de pisser en permanence  avec des crises très violentes qui me faisaient rouler par terre de douleurs. Je me levais six ou sept fois dans la nuit pour aller pisser, le jour c’était pareille, le tout accompagné de brûlures insupportables. Je devenais dingue, aucun médicament ne me soulageait et le toubib m’avait fait comprendre qu’il ne pouvait plus rien faire pour moi. Je me demande encore aujourd’hui comment j’ai pu résister à cet enfer. Je ne mangeais pratiquement plus et j’envisageais sérieusement le suicide jusqu’au jour ou ça c’est arrêté…D’un seul coup, en une fraction de seconde…Je restais debout en me disant que ça allait revenir, et bien non….Le soulagement incroyable….Je renaissais….Et là j’en ai profité un max, les sorties, les fêtes avec des potes peintres et musiciens, les cuites, (bon quelques pétards aussi…). A propos de pétards, comme un con j’ai essayé d’en faire pousser, mais à l’époque je n’étais pas très doué pour le jardinage….Je m’étais procuré une grosse bassine remplie de terre et planté les graines, les arrosais tous les jours à l’eau tiède, et ça poussait super, mais comme j’enfermais le truc dans un placard sans lumière, évidemment les plans sont monté et ont fini par crever….Nul le mec… De toute façon le shit n’a jamais été mon truc, je préférais tout ce qui bouste à fond, les amphétamines, l’acid, ça c’est de la dope qui arrache, tout le reste, ça endort…

C’est comme la musique, faut que ça dégage, que ça étripe….Putain je suis une vraie bête des fois, et puis paradoxalement j’aime bien aussi les trucs cools, je passe toujours d’une extrême à l’autre, le juste milieu c’est pas pour moi…

 A cette époque j’ai fait la connaissance d’une nana de 18 ans qui se faisait entretenir par un vieux friqué. Il lui payait son appart et tout ce qui allait avec. Ça me faisait marrer de voir tout ça, un lit circulaire qui occupait pratiquement toute la pièce, avec la stéréo incorporée et un bar, des flippers, baby-foot, chaîne stéréo, etc.…Et du fric à la pelle…

Bref, j’allais souvent la voir avec des bouteilles d’éthers (Ben oui… bon…Je vous l’ai déjà dit…on ne s’arrête pas aussi facilement), et là on snifait comme des dingues, (on prenait aussi du tétrachlorure de carbone…à consommer avec modération… (Je déconne)… à déconseiller aussi). Un jour, ou plutôt un soir, vers minuit, on se pointe avec un pote, bouteilles d’éther sous le bras, elle est seule, ont se snifs une bouteille chacun, et une fois bien arrachés, elle nous dit de partir car son mec doit venir…Merde il est une heure du mat, et on est complètement stones, en plein délire, on risque de se faire ramasser par les flics et en plus ça caille à mort dehors. Mais bon…On s’arrache à regret, et  dehors, je constate que non seulement je n’ai pas froid, mais au contraire, j’ai trop chaud…Et oui l’éther ça anesthésie…J’aurais pu me balader à poil en plein mois de Janvier, je ne ressentais absolument rien et mon pote pareille. Hilare, on part se réfugier dans un petit bistrot algérien, le seul truc repéré. Et là une dizaine de mecs nous regardent l’air étonné, car il faut dire qu’à l’époque les Français ne fréquentaient pas ce genre d’endroit. Mais ce qui les intriguait le plus étaitt notre air jovial et l’odeur que l’on trimbalait. C’est là que j’ai pris conscience qu’un type qui snif ce genre de produit en est imprégné au point que ça peu se sentir à cinq ou six mètres. Tout dépend de la quantité absorbé évidemment, mais surtout de la façon de le prendre, car quand je parle de snifer, je ne veux pas dire respirer le produit par le nez, car dans ce cas ça vous endort… mais le respirer par la bouche au travers d’un tissu très fin, là l’effet est inverse, ça bouste direct dans la tête… (Et les poumons en prennent une sacré claque)…. Je pense souvent à Eric Clapton

Qui s’étonne toujours d’être encore vivant avec toutes les drogues qu’il a pris…Ben moi aussi…A part l’héroine et l’essence, j’ai pas échappé à grand-chose, même le détachant vous savez celui de nos grands mères (et qui existe toujours sous le même nom). Avec ce truc j’ai même vu des choses bizarres, le paysage avait perdu ses couleurs, tout était gris et des espèces de bêtes s’approchaient de moi et essayaient de me toucher avec leurs pinces.

Un jour un toubib ma demandé comment se faisait-il que je n’étais pas en proie à des délires hallucinatoires….

A cette période je délirais pas mal et je n’avais plus conscience de l’interdit des substances au point de me balader en ville avec mon pétard à trois feuilles (ce qui n’est pas des plus discret). Au feux rouges je remarquais bien des gens rigoler, mais je ne comprenais pas pourquoi… C’est à cette période que j’ai rencontré mon premier…Flirt ?? Je ne sais pas comment on dis….Une eurasienne de 16 ans, j’en avait 27….J’étais en plein détournement de mineur, mais ça je n’en ai pris conscience que des années après. Pour moi elle avait mon age, elle fumait, et était d’une maturité incroyable, et plus en avance que je ne l’étais, surtout coté sexe, elle pouvait sortir avec plusieurs mecs en même temps. Ensemble on a traversé une période provoque. Le jeu consistait à repérer dans un café une table occupée par notre cible préférée.

L’idéal étant un couple de petits bourges coincés du cul, et là on s’arrangeait pour se placer le plus pres possible. Puis on se parlait à voies basses mais de façon à ce qu’ils puissent entendre. Bien sûr on parlait de cul, mais version outrancière, et gestes sous la table à l’appuis…Je sais c’est très con, mais on s’éclatait comme deux dingues

à voir la gueule outragée des frustrés, raides comme des piquets. On s’est même fait viré d’un café, mais on s’en foutait. Je n’aurais jamais pensé faire de telles choses, elle était mon double au féminin, aussi dingue que moi. Je l’ai fréquenté pendant un an, puis on s’est séparé….On s’entendait trop bien peut être…C’est lorsqu’elle ma quittée que j’ai réalisé que je n’avais jamais couché avec elle…ça vous épate hein ? C’est con, mais je n’y ai pas pensé….Faut le faire….Quel crétin…

J’ai appris plus tard qu’elle était devenue lesbienne…Certains diraient « J’espère que ça n’est pas à cause de moi », mais moi je dirais « J’espère que j’y suis pour quelque chose »…. Finalement peut être que Satan m’habite. (Je sais, elle est facile celle là).

…………………………….A suivre…

 

Par rava alava
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Mercredi 2 février 2005

                                 Les années Seventies…Suite 6

                                                 Toulouse

Sur place je prendre un appartement avec une amie, nous avions le projet d’une troupe de théâtre.
Je n’ai plus le souvenir de l’adresse, mais ça s’appelait « Volubilis » et pas pour n’importe qu’elle raison….
Le Volubilis est une fleur, mais là il s’agissait des graines que l’on faisait infuser pour s’envoyer en l’air (et oui j’ai replongé au truc). La drogue c’est comme les cigarettes, on ne s’arrête pas du premier coup.

Je vous déconseille fortement ce genre d’infusion, car en réalité ça n’était pas les graines qui agissaient, mais le conservateur qui les enrobaient, car après les avoir rincées, les mêmes graines n’avaient aucun effet.

Je suis resté dans l’appart tout l’hiver, je vendais mes dessins pour survivre, à l’époque ça me suffisait pour payer le loyer et me nourrir, ou plutôt nourrir tout le monde, car l’endroit était très connu et ouvert à tous jour et nuit, et croyez moi ça défilait en permanence.
Il y avait de tout, dealers, toxicos, voleurs, et descente de flics au dessert (c'est-à-dire en pleine nuit).
Il faut que je vous décrive cet appartement, ou plutôt ce bourbier dans lequel on vivait.

Imaginez un couloir et une chambre, pas de meuble, juste de la mousse par terre, une fenêtre qui ne fermait pas car gonflée par l’humidité, et une condensation telle que le plafond était parsemé d’une multitude de gouttelettes qui vous tombaient dessus pendant votre sommeil, et bien sûr pas de chauffage.

Le matin, je m’habillais le plus rapidement possible (mes fringues étaient gelées et humides), et je courais au café le plus proche pour me réchauffer.

Ensuite j’allais vendre mes dessins, enfin quand je n’avais pas un accident de joint, car on fumait beaucoup et des fois toute la journée. Dans ces conditions, le projet de théâtre est évidemment tombé à l’eau, la copine ne pensait plus qu’à la dope et à ses histoires de cul. Petit à petit la troupe en gestation s’est dispersée, et j’ai quitté les lieux à mon tour pour poursuivre ma peinture. C’est à cette période que je fis connaissance avec le monde des peintres et le milieu associatif.

…………………………………….A suivre…

Par rava alava
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Jeudi 3 février 2005

                            Les années Seventies…Suite 5

                          And the road again…Carcassonne

 

Deux années ont passé entre médicaments, psychiatre, dessins, peintures, virés dans les musées et galeries…

Bref, je me suis cultivationné…..
Puis un jour, par l’intermédiaire d’un journal, je fais la connaissance d’un peintre qui cherchait une personne pour restaurer sa maison. On se fixe rendez-vous à Paris pour un premier contact. Là il décide de m’emmener chez son avocat, dans le 16 ieme arrondissement, histoire de faire les présentations (je ne savais pas encore pourquoi). Deux semaines plus tard je me retrouve donc chez ce peintre. Il s’agit d’un coin isolé dans les environs de Carcassonne. Une grande bâtisse, l’atelier occupe tout le premier étage, avec de grandes baies vitrées. Là je découvre ses œuvres…Incroyable, des délires sexuels traduits de façon enfantine, sans aucune technique, le genre de production impossible à mettre dans une galerie sans faire claquer de rire tous les invités. Pour ma part j’ai plutôt l’impression que sa peinture n’est qu’une couverture. Comment expliquer son train de vie, des corbeilles qui traînent partout dans la maison pleine de billets de banque.
Je me mis donc au travaille, le matin étant consacré exclusivement au dessin et à la peinture. Puis un jour il reçut la visite de deux colosses à la mine pas très engageante (patibulaire, mais presque), mais d’une approche sympathique.
Je me mis en retrait histoire de ne pas les déranger, tout en réussissant à capter l’essentiel de la conversation.
Il était question d’une organisation (dissoute depuis), et d’affaires un peu louches.
Quelques jours après, il me propose de le seconder dans ses « affaires », et me met au parfum.

Il m’explique qu’il s’agit d’un travail d’une vingtaine de minutes, de temps en temps, pour gagner de quoi vivre pour le reste de l’année.  Puis il me raconte une anecdote histoire de me mettre dans l’ambiance.
Il devait conduire un corbillard, deux colosses étaient chargés de prier un individu d’y prendre place pour le raccompagner chez lui, pendant que les deux costauds à l’arrière du véhicule nettoyaient leur flingue. Il s’agissait juste d’une intimidation, sans plus.
Ce genre de magouille ne m’intéressait évidemment pas, et j’ai compris en définitive qu’il désirait quelqu’un pour le remplacer, car visiblement il ne pouvait pas quitter cette organisation sans casse.
Le seul moyen pour lui était de parrainer un crétin pour prendre sa place, c’était tombé sur moi.
Pas question de me laisser embarquer dans cette galère, et je décidais quelques temps après, de me  réfugier chez une amie.

Elle vivait avec une collègue, et me suis retrouvé dans un appartement avec deux femmes qui faisaient parti d’un mouvement féministe qui comptait 150 membres, dont deux hommes (les veinards).
Evidemment, les collègues militantes furent très vite au courant de ma présence, et je les vis défiler une à une, histoire de voir a quoi ressemblait le phénomène. Et j’en ai vu des sévères, il faut dire qu’à l’époque certaines militantes poussaient très loin le refus de la soumission au despotisme masculin, de sorte que certaines d’entres elles ne s’épilaient plus. J’en ai même vu avec des poils de barbe de plusieurs centimètres de longs. Ça peut faire rire ou pleurer, je ne sais pas. Le mouvement auquel elles appartenaient n’acceptait pas les hommes, mais pour elles, les deux qui en faisaient partie étaient des prototypes hors du commun, des êtres supérieures, elles m’en parlaient comme des dieux vivants.
Bref, à coté j’étais une merde, et à force de les entendre déblatérer je finissais par complexer à mort.
Puis vient le jour fatidique où elles décidèrent d’inviter les deux bouffis. Evidemment, j’étais dans mes petits souliers, la queue entre les jambes, et j’appréhendais la confrontation de ces divinités dont je n’étais pas digne.
Merde, ça sonne, je me précipite la peur au ventre…
J’ouvre la porte, et apparaissent les deux super héros…….. Devant mes yeux hagards….

Un petit gros rigolard qui ne pensait qu’à manger et « baiser ». (Genre joyeux des sept nains, avec le nez rouge). J’avais déjà envie de me marrer. Et l’autre, tout le contraire, le genre coincé, glacial, (Jacques l’éventreur en personne). Là je n’avais plus envie de me marrer.

Bref, je fais entrer Laurel et Hardy, et je me précipite aux toilettes pour me marrer, et j’en ressort avec l’angoisse que ça me prenne devant eux. (Qu’elle galère).

Tout le long de la soirée je basculais entre l’envie de rire, le malaise et pressé que les deux abrutis partent, L’éventreur me glaçait et j’évitais soigneusement de me trouver à coté de lui.

De temps en temps je croisais le regard de mon amie, les yeux brillants d’admiration devant ces deux exceptionnels (crétins, machos, et beaufs). Je tombais des nues, comment deux femmes intelligentes peuvent être aveuglées à ce point ???

J’ai souffert en silence pendant toute la soirée, (plaisanterie de salle de garde, etc.…je passe sur les choses plus hard), et quand les deux pingouins sont partis, mon amie ma regardé dans les yeux en me demandent ce que je pensais d’eux, et là, j’ai explosé de rire, je ne pouvais même plus parler, les larmes me coulaient sur les joues, mort de rire, mal partout, j’évacuais la tension de toutes la soirée. Inutile de vous dire qu’elle m’a fait la gueule tout le reste de la semaine.
Puis vint Le week-end où elle décida de partir à la neige…… Histoire de se péter une jambe….

Aussitôt quelle fut partie, je déposais les clefs sur la table, claquais la porte derrière moi, et pris le train direction toulouse.
Je ne devais plus jamais la revoir. (C’est lâche, je sais, mais on est une bête ou pas…).

……………………………………….A suivre…..

Par rava alava
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Vendredi 4 février 2005

                     Les années Seventies….Suite 4

                                   Sur la route

A la fin de l’hiver les proprios décident de nous virer. On décide donc de se diviser pour faire du stop et de se rendre à St Tropez dans une petite bicoque des parents de la blonde. Mais la route en a décidé autrement et je ne devais plus jamais les revoir. Mon chemin me conduisit à Aix en provence. Et c’est là que je commençais ma descente aux enfers.
Je trouvais très vite une amie pour m’héberger, et la dope a suivi…….Acid, shit, et mélange de médicaments, pour ce qui est de mes expérimentations pharmaceutiques j’étais devenu un expert, tous se marraient de mes mélanges explosifs, mais tous m’en réclamaient. Certains avaient des effets particulièrement hard, mais dans l’ensemble c’était quand même supportable. Très vite les dealers du coin sont devenus mes potes, et me refilaient de l’herbe ou des acids gratos.
C’est incroyable ce que l’organisme peut supporter quand j’y repense. Le matin je fumais une pipe de shit au réveil (à jeun), j’allais me taper un petit noir au café et après commençait la série de pétard, puis je prenais soit un mélange de médicaments, soit de l’acid, voir les deux en même temps, ou des cristaux, le tout accompagné de quelques pétards. A l’époque il existait une grande diversité d’hallucinogènes, l’acid (LSD), qui pouvait durer de 12 heures à 36 heures, les cristaux (une version allégé de l’acid) qui durait environ 8 heures, la Mescaline aux effets comparables aux critaux, mais que je trouvais plus cool et plus hallucinogène. Il m’arrivait de mélanger l’acid à des médicaments pour en diminuer le speed que je supportais difficilement. Un de mes grands moments de bonheur était la descente, cet instant oû le voyage se termine, oû l’on redescend sur terre en quelque sorte. Là je me pausais à la terrasse d’un café, et je restais immobile à savourer ce moment de plénitude incroyable. Ça durait à peu prés une heure, mais ça me paraissait très court. Il parait que cette sensation était comparable à celle que l’on ressent après avoir fait l’amour, mais lâ on touche un domaine qui m’était étranger. Pendant mon séjour dans cette ville, je fus témoin de ce que l’on peut appeler un fait-divers surprenant. Avant la période du festival, les autorités décidèrent de « faire le ménage » et de ramasser tous les « chevelus », même sur le campus. Comme à cette période mes cheveux étaient courts, j’ai échappé à cette rafle. Assis à la terrasse d’un café, je regardais passer les gars entre deux flics, les mains menottées, direction le tribunal, et cinq minutes après ressortir toujours encadrés des deux flics en direction de la prison. Ce petit manège n’arrêtait pas de la journée, et ceci pendant une semaine, jusqu’au premier jour du festival. (C’était légal ça ?) En tous cas, à l’époque, pas un journal n’en a parlé.
Au bout d’un ou deux mois, j’étais complètement englouti par la dope, sans m’en apercevoir. Je ne remarquais même pas que je ne m’alimentais pratiquement plus. Vers la fin de mon séjour (qui a duré plusieurs mois), je ne mangeais qu’une petite tranche de pain complet par jour, histoire de calmer mes mots d’estomac, je n’avais plus conscience de rien, mon corps était traversé par des milliers de piqûres d’aiguilles, je me sentais très mal et très faible. Des bouffées de désespoir m’envahissaient de temps en temps, des pertes de mémoire, je ne dormais pratiquement plus, la copine qui m’hébergeait m’avait mis à la porte, je couchais à la belle étoile n’importe oû, mes vêtements étaient réduits à des guenilles trouées, je n’avais même plus de chaussures et tous mes amis m’avaient lâché. Je divaguais seul dans les rues à la recherche de drogues, et le plus dingue c’est que j’en trouvais toujours et plus facilement que de la nourriture. Il m’arrivais de prendre n’importe quoi, tout ce qui me passait entre les mains, éther, eau de Cologne, trichloréthylène.  J’étais devenue ce que je méprisais le plus, un junkie. Si l’on m’avait dit ça quelques mois auparavant ça m’aurait fait marrer.

Le monde des drogués, du moins ceux que je fréquentais, était compartimenté, il y avait ceux qui en prenaient pour échapper à la réalité, et les autres, dont je faisais parti, qui se droguaient pour pouvoir l’affronter ou du moins la supporter.

Puis un jour, au réveil, je me sentais dans un état second, très faible, je titubais, bref j’arrive à me procurer des médicaments et me prépare un mélange d’enfer, puis je me rends au centre ville. Ça va mal, le malaise s’amplifie, je vise un banc pour m’asseoir, mais je n’ai pas le temps de l’atteindre, je m’écroule.

J’ai appris par la suite que des amis m’avaient transporté chez eux et appelé mes parents pour qu’ils viennent me chercher. Je n’ai pas grands souvenirs du retour, tout ce dont je me rappelle c’est que je n’ai pas prononcé un mot. Un vrai zombie.

Le problème avec la drogue, est que l’on retrouve à la sortie les valises qu’on avait laissées à l’entrée.

De retour à la maison, je restais enfermé, incapable d’affronter l’extérieur, même quand des amis de mes parents venaient leur rendre visite, je me cloîtrais dans ma chambre. Je n’avais plus la dope pour affronter la réalité et moi-même.

Les rapports avec ma mère s’étaient transformés, elle me soignait. Quand à mon frère, il n’intervenait pas. De toutes façon je ne réagissais plus à quoi que ce soit, je passais mes journées prostré à regarder le mur d’en face, complètement défoncé par la dizaine de médicaments que je devais prendre.

Il m’a fallut 2 ans de traitements psychiatrique et médicamenteux pour refaire surface. Mais cette période ma laissé de gros problèmes psychologiques. Et c’est à cette période que j’ai commencé à peindre. J’ai passé sous silence mes activités politiques pendant cette période, car j’ai fréquenté très rapidement les milieux extrémistes et  surtout libertaires, écolo libertaires, mais la aussi ça pourrait faire l’objet d’un autre chapitre.

                   ……………………………….a suivre…..

Par rava alava
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Samedi 5 février 2005

                         Les années Seventies….Suite 3

                          J’ai 18 ans……Je me casse

Mon seul ami avec qui je partageais mon ennui et les amphétamines, m’accompagna  jusqu'à la sortie du village. Il nous a fallu deux bonnes heures pour se dire au revoir. Malheureusement il ne pouvait pas m’accompagner et c’est tout seul que j’affronterais la dure réalité de la route.

Direction le sud, en auto-stop et je me retrouve à Sète. A l’époque beaucoup de jeunes se retrouvaient à la rue, soient rejetés par leurs parents qui voulaient se débarrasser d’eux, soit des fugueurs qui avait subis les mêmes gâteries que moi.

On se regroupait en fonction des affinités, de nos blessures. Des ados de 16  à 20 ans complètement ravagés par la drogue, qui vivaient de rapines et couchaient à la belle étoile.

Je suis resté 3 semaines dans cette ville à glander avec mes petites économies.

Ensuite direction Bordeaux. Pourquoi Bordeaux, j’en sais rien, en réalité je faisais du stop dans une direction et quand ça ne marchait pas je faisais la même chose dans le sens inverse. C’est con hein ? Mais bon j’allais au hasard, et je me foutais bien de l’endroit oû j’atterrissais. Pas de problème pour faire des rencontres. Le simple fait d’avoir les cheveux longs suffisait. C’était un signe de ralliement, on se reconnaissait, on faisait partie de la « famille », et une solidarité existait réellement entre nous. Surtout au niveau de la dope……

Bordeaux reste un grand souvenir, en tous cas l’un des plus nostalgique.

Je me suis retrouvé chez un trio (deux nanas et un mec) qui m’a hébergé. Seule une des fille travaillait régulièrement, le mec ne faisait rien il était du genre lunaire plein d’humour et très sympa. Quand à sa petite amie, une blonde au psychisme un peu décalé, et d’une gentillesse, d’une douceur extraordinaire. En l’espace de quelques jours je fis la connaissance des principaux dealers du coin. Je n’ai jamais compris pourquoi les circonstances me mettaient souvent en présence de personnes en marge de la loi. En quatre mois de séjour dans cette ville, je ne suis sorti de l’appartement que 2 ou trois fois. Nous passions toutes les journées à nous camer. On ne se nourrissait presque pas. Les dealers venaient faire leur trafic dans l’appart et nous laissaient en échange suffisamment de quoi se péter la tête. A l’époque 20 grammes de shit me duraient 3 jours et comme j’avais de quoi faire, je le fumais pur, le grand luxe). C’est là que j’ai pris mon premier acid (Du bleu Sun) (On écrivait Acid sans e, ne me demandez pas pourquoi). Le type m’avait dit de me méfier, et de n’en prendre que la moitié si je n’en avais jamais pris. Ce que je n’avais pas compris c’est que je n’avais jamais pris d’acid du tout, et que celui-ci était particulièrement fort. Bref j’avale la moitié du truc, idem pour les filles et mon pote. Je suis resté prés de 4 heures assis au bord du lit à caresser le chien, qui n’était en réalité que le manteau de fourrure d’une des filles. Tout était devenu vivant, les fils électriques, des serpents, les personnages des posters sortaient se balader sur les murs, même le plafond bougeait. Une tentative sur le balcon, j’agrippe la rambarde mais celle-ci se transforme en caoutchouc. Juste le temps de reculer pour ne pas basculer dans le vide.

Une des filles nous apporte du café dans une casserole et la pose sur le sol. Ça nous fait bien envie, mais impossible de s’approcher, ce noir dans la casserole c’est un trou dans le plancher et si l’on s’approche celui-ci va s’écrouler.

Bref on décide de sortir acheter des clopes……..Wouahhh ! Bordeaux sous acid c’est autre chose…………..

Vous connaissez sûrement ces cartes postales de nuit oû les voitures ne sont que traînées lumineuses. Et bien là c’est pareil sauf qu’aux feux rouges ces mêmes traînées se matérialisent en bagnoles. Et tout est du même tonneau. Vous pensez mettre quelques secondes pour traverser la rue, mais en réalité il va vous falloir plusieurs minutes, car plus vous marchez et plus le trottoir d’en face s’éloigne. Dans le bureau de tabac les pires difficultés pour sortir, la porte vitrée était devenue un véritable labyrinthe de verre. Retour à l’appart, la blonde entame un délire hallucinatoire, son mec la couche sur le lit et reste auprès d’elle pour la surveiller. Elle n’arrête pas de répéter « je gonfle ! Je gonfle ! ». Lui se marre comme un malade et s’amuse à la faire parler. Elle nous raconte quelques passages croustillants avec sa mère avec laquelle elle entretenait des rapports très particuliers en compagnie du toutou de la maison, si vous voyez ce que je veux dire.

On écoute tous atterrés, et elle n’est pas avare de détails. Puis elle fini par s’endormir. Là je suis sidéré. Comment peut elle s’endormir dans cet état d’hyper excitation et avec toutes les hallucinations. Personnellement je n’arrivais même pas à fermer mes paupières 2 secondes. Au cours de son sommeil elle n’arrêtait pas de dire qu’elle gonflait.

« Je gonfle ! Je gonfle ! » Le lendemain matin. Nous sortons petit à petit de notre torpeur, et commençons à réaliser l’étendue des dégâts. Un énorme tas d’ordures en plein milieu de l’appart surmonté d’un fauteuil, boite de sel éventré, conserves renversées, des déchets, papiers et autres trucs jonchent le sol, un capharnaüm incroyable. On a fait tout ça ? Faut croire, et on ne se souvient pas de grand-chose. La blonde se réveille et là incroyable, sa tête avait doublé de volume. Elle se souvient de ce qu’elle nous a raconté et essaie de faire passer ça pour un délire………

Les journées passent, ponctuées par le passage des dealers. La fille qui travaillait quitte son boulot. Ça nous empêche pas de continuer à vivre quelques temps comme ça, vautrés dans la drogue, avant que les proprios nous foutent à la porte.

Ces mêmes proprios qui nous ont envoyé tour à tour, les mœurs, les stups et la brigade des mineurs. Le plus rigolo dans cette histoire c’est que les stups dans leur perquisition ont oublié de regarder l’étagère tout en haut de l’armoire. Car là j’avais tout mon arsenal : Pipe à eau, shilom, petite pipe à shit, ainsi qu’un gros tube de carton percé de trous sur le dessus pour y coincer les joints, à l’époque on appelait ça un bazooka. Bref tout le matériel du parfait ouvrier. Là on était mort de rire. L’appartement était ouvert à tous, c’est le genre de truc qui se sait très vite et ça défilait jours et nuits. Un jour une bande débarque, avec de la sève. Ça venait d’arriver sur Bordeaux et ils ne savaient pas combien vendre le truc. Bref ils voulaient tester avec nous, gratos bien sûr. Je ne me suis pas fait prier. Une fois bien arraché, je m’allonge sur le lit et là les mecs ont commencé a partouzer les filles, ils m’ont même invité, mais vu l’état oû j’étais ça risquait pas. Il faut dire qu’à cette période les filles pour moi n’existaient pas, ma seule préoccupation était la drogue et rien d’autres. Du moment que je pouvais m’échapper de moi c’était tout ce qui comptait.

………………………………A suivre

Par rava alava
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Dimanche 6 février 2005

                  Les années Seventies….Suite 2

                                            

                                  Adolescence

A partir de mes 15 ans, mon frère prit le relais de ma mère (en ce qui concerne les punitions corporelles).

Et là je dois dire que j’ai pas gagné au change, c’était beaucoup plus hard.

Le jour de mon anniversaire (il a sûrement voulu que je me souvienne de ce jour mémorable), il me coince dans le garage, et me fait une grosse tête (la routine quoi). Une demi heure après, je sors la gueule en sang et là j’aperçois entre mes yeux gonflés, mes parents qui attendaient calmement que ça se passe. Putain y n’ont même pas applaudi !

J’ai dû subir ce connard jusqu’à l’age de 18 ans.

Je n’ai plus jamais adressé la parole à mon frère jusqu'à  la mort de mon père…..25 ans après.

L’époque voulait que l’on ait les cheveux longs, et je les avais longs, malgré la désapprobation de mon frangin et de mes parents, mais étrangement, ils ne me les ont pas coupé de force. A cette époque, et vu mon look et le bled ou je vivais, la moindre incursion dans la rue et je me faisais démonté par une bande de bouseux qui se tenaient à l’affût de mes moindres faits et gestes, histoire de se défouler. Les commerçants, refusaient de me servir, du jour au lendemain j’étais devenu «  un  voyou ». Même les flics se sont mis de la partie, et quand j’allais au boulot, ils m’attendaient à deux pas de chez moi pour me demander mes papiers et m’insulter. Trois années d’enfer entre cassage de gueule, vexations, ennui, désespoir.

Ce qui me conduisis tout droit vers l’alcool, mais ça ne me convenait pas, alors je suis passé directement aux drogues dures, sans passer par la case cannabis (j’arrivais pas à en trouver).J’avais un pote préparateur en pharmacie, c’est lui qui ma procuré les amphé. Et ce fut le choc de ma vie. Pour la première fois de mon existence je me suis senti bien dans ma peau. Je m’en suis goinfré pendant 3 ans jusqu'à ce jour fatidique où j’ai pris mon courage à deux mains et demandé à ma mère si je pouvais quitter la maison. A ma grande surprise elle a dit oui. Je m’attendais à ce qu’elle dise à mon frangin de me rosser, où qu’elle me l’interdise (vue que j’étais mineur) et bien non. Du coup ça ma foutu les jetons de me retrouvé livré à moi-même. A l’époque je n’avais que très peu de liberté. Mais je ne me suis pas dégonflé, et suis parti sur les routes, au hasard. J’ai appris par la suite que mon cher frère avait sillonné la ville pour me retrouver. Histoire de me faire la bise sûrement.

…………………………………..A suivre

Par rava alava
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Vendredi 11 février 2005

 

                  Premiére partie  

                            Enfance

Histoire de vous mettre dans l’ambiance qui a précédé cette période, je vais vous raconter un peu mon enfance sans trop m’étendre. (J’édulcore au maximum, car ça pourrais faire l’objet de plusieurs tomes).

J’ai été élevé sous l’autorité de ma mère dans la claustration, les coups et sévices en tous genres, sans avoir le droit d’inviter des camarades à la maison, de sortir, regarder la télé.  La moindre erreur me valait une volée de coups (Ne pas se tenir droit, parler a table, etc.…). Mon trajet de l’école à la maison était chronométré par ma mère, et si je dépassais d’une ou deux minutes, elle m’attendait le fouet à la main. (Y’avait pas que le fouet, mais le bâton, le nerf de bœuf.…)

A chaque fois qu’elle me battait, (et quand je dis ça, je pèse mes mots, car il s’agissait d’un véritable passage à tabac), elle me mettait au lit, et quand mon père rentrait du boulot, il m’en sortait pour en remettre une couche, idem pour mon frère (mon aîné de 7 ans) qui me détestait. Bref une volée en 3 exemplaires.

Une phrase me revient souvent en mémoire lorsque ma mère me frappait (avec le fouet) «   J’en ai mal au poignet » ce qui peut vous donner une idée de la violence. Après, il me fallait une bonne demi heure pour pouvoir me relever, car les multiples zébrures sanguinolentes sur les jambes m’empêchaient de faire le moindre mouvement.

A chaque fois qu’elle décidait de me tabasser, (pour une raison parfois futile), je me mettais en position du fétus, les bras repliés sur la tête pour éviter les coups sur le visage. Je criais  pitié ! Pitié ! Entre mes sanglots étranglés, mais rien n’y faisait, elle continuait de plus belle. Le seul avantage, c’est que pendant plusieurs jours, pas d’école, le temps que mes jambes cicatrisent.

Quel age devais je avoir ? Juste le souvenir qu’il fallait me mette sur la pointe des pieds pour atteindre le niveau de la table. Ça la prenait comme ça, tout d’un coup.

Elle s’accroupie, me prend la main et me la mord de plus en plus fort en me regardent droit dans les yeux : « ça fait mal hein ? Ça fait mal ! » Avec son sourire sadique. Je regardais ses yeux au travers du brouillard de mes larmes, je ne comprenais pas pourquoi. Son regard d’un bleu très pale, ses yeux me paraissaient énormes et sa pupille étroite, le regard d’un serpent. Quelques fois elle m’enfermait pendant plusieurs heures dans la cave sans lumière (l’endroit me terrorisait, car elle était remplie d’araignées). Hurlements et pleurs n’y faisait rien, elle n’avait aucune pitié.

Mes parents s’entendaient très mal, pas besoin de réveil le matin car leur enguelade journalière et très matinale suffisaient pour me sortir du sommeil. J’y étais tellement habitué que je me réveillais une ou deux minutes avant que ça barde.

Dans ces moments la il fallait que je me tienne à carreau toute la journée pour ne pas dérouiller.

Elle ne venait jamais me chercher à la sortie de l’école, même à la maternelle. Je me tapais le chemin à pied, seul (nous habitions un petit village dans la Beauce). Un jour, sur le chemin du retour, j’aperçois un type en train de battre son chien avec ce que j’identifiais comme étant un manche de pioche. Le chien était attaché par une chaîne à un arbre, et le mec le tabassait comme un dingue, même en me bouchant les oreilles ça ne suffisait pas à couvrir les hurlements de l’animal (c’était un berger allemand). Terrorisé,  mon cœur me battait dans la bouche, j’ai pris mon élan et couru jusqu’à la maison en pleurs. Je pousse la porte d’entrée, elle résiste d’une façon inhabituelle, je force et réussi péniblement à me faufiler dans l’entrée. Le sol était jonché de vaisselle cassée. Je n’arrivais même pas à distinguer le carrelage, tout le couloir était recouvert,  le sol de la cuisine aussi. Ma mère se tenait là, debout, une pile d’assiettes à la main qu’elle jetait en rage sur le sol. Quand elle me vit, elle s’empara d’un plat en porcelaine et le jeta dans ma direction : « C’est de ta faute ça ! ».

Pas le temps de réagir, ni de me baisser pour éviter le projectile qui alla se fracasser contre la porte d’entrée.

Bizarrement ce n’est pas cette agression qui m’a fait le plus peur, mais la colère de ma mère, car cette violence se retournait souvent contre moi.

Bien sûr ma mère était réac, ça va de soit, mais aussi misogyne, raciste, jalouse, radine, misanthrope.

Quand je pense qu’à quelques jours prés j’étais Parisien, et il a fallut que je naisse dans un bled pourri de Beauce.

Un bled de merde ou les instituteurs nous tabassaient, même ceux des cours préparatoires qui nous attachaient aux portes manteaux par la ceinture de nos blouses. Essayez d’imaginer la hauteur que représente un porte manteau pour un gosse qui sort de la maternelle…….D’autant qu’ils nous laissaient suspendus pendant tout le cours, ou jusqu'à la rupture de la ceinture, et le gamin se vautrait la gueule sur le carrelage. Si je choppais un de ces connards aujourd’hui il regretterait de ne pas être passé entre les mains des nazis. Pourquoi ces types là avaient ils choisi ce métier ?

Un souvenir me revient, celui d’un mastodonte du style de ce champion de karaté (le copain de Bernadette Chirac), mais en beaucoup moins sympa. Un jour il lui prit l’envie de coller un gosse au coin, à genoux sur une règle en métal. Evidemment au bout d’un quart d’heure le gamin se plaint (et oui ça fini par faire mal), bref au bout d’un moment le gros con s’énerve et commence à lui dire de se taire en lui envoyant des coups de pieds dans les jambes, puis de fil en aiguille il frappe de plus en plus fort tout en l’insultant, toujours à coup de pied. Le gamin tombe, et là le mec se fâche pour de bon et le roue de coups de pieds. Hurlements, cris, puis un autre hurlement beaucoup plus fort que les autres, le connard s’arrête de frapper, prend le gamin dans les bras et l’emporte chez le directeur (y’avait pas d’infirmerie, évidemment). Nous apprenions plus tard qu’il lui avait cassé la jambe. A cette époque les parents étaient moins susceptibles qu’aujourd’hui, non seulement ils ne déposaient pas de plaintes, mais ils encourageaient les instits à nous taper dessus, et ceux-ci ne s’en privaient pas.

Mais la violence ne s’arrêtait pas là. Il y avait aussi à la sortie de l’école un rite tout à fait sympa. Le jeu consistait (pour les plus grands, et les plus cons des élèves toutes classes confondues) à vous enfermer dans un cercle infranchissable dans lequel vous deviez vous battre avec un mastodonte (et croyez moi en Beauce ce genre de boeuf ça manque pas). Evidemment la proie était toujours un mec chétif, et moi je faisais parfaitement l’affaire, d’autant que je n’étais pas un fils de paysan, ce qui constituait à leurs yeux la pire des tares. Bref je me faisait refaire le portrait, et une fois au sol, la ronde vous achevait à coups de pied. Dans ces cas là, je rentrais chez moi en retard, et donc je savais que j’allais prendre une volée. La gueule en sang, les yeux pochés et des bleus sur tout le corps, ma chère et tendre mère m’attendait à l’entrée de la maison (que d’ailleurs j’avais rebaptisée Alcatraz), et vue mon état m’accusait de tous les mots et me passait consciencieusement à tabac.

.......................A suivre

Par rava alava
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Jeudi 7 juillet 2005

 Maxou avait 14 ans, très timide, renfermé et solitaire,

 il voulait entrer aux beaux arts, mais sa maman ne voulait pas,

elle désirait qu’il gagne sa vie dans l’alimentaire…Ça rapporte l’alimentaire.

Donc elle le plaça chez un boulanger, en apprentissage.

Un soir, son papa l’accompagna chez celui qui sera dorénavant son patron.

et le laissa là, face à… La chose.

Le patron en question mesurait dans les 2 mètres

et devait peser dans les 140 kilos.

D’une saleté et d’une vulgarité sans nom,

aussi bien dans ses propos que dans son comportement.

A longueur de journée c’était les grosses blagues sur le sexe

ponctuées de grognements et de rots (volontaires ou non).

La femme de ce patron était une petite chose pleine de mépris et de paroles blessantes.

Elle prit Maxou en grippe immédiatement, faisant allusion à sa timidité et se moquant de lui.

La grand mère, (parce qu’il y avait une grand mère) se voulait toute menue et gentille.

Ce petit bout de femme adorait manger… les yeux de lapin…Elle était accompagné d’un chien (un batard). Un jour elle décida de s’en débarrasser…Et tout naturellement, elle le pendit par le cou à la corde à linge, et lui tira dessus avec le fusil de chasse.

Et il y avait pour compléter le tableau, l’apprenti…

Dés qu’il vit Maxou il lui dit qu’il n’aimait pas sa gueule

et qu’il lui en ferait voir de toutes les couleurs.

Quant au lieu de travail, le fournil, d’une crasse inimaginable…

Des espèces de toiles qui servaient à poser la pâte à pain fraîche, traînaient par terre…

Le chien de la maison si réfugiait et pissait régulièrement dessus.

Ces toiles n’étaient évidemment jamais nettoyées…

Maxou était désespéré à l’idée qu’il allait rester 3 longues années dans cet univers écoeurant.

Dans son cœur d’enfant pris place le désespoir.

Et Les journées passèrent…

Lever à 1 heure du matin, le ventre vide, il fallait avaler un verre rempli pour moitié de café et pour l’autre moitié de kirsh, le tout très chaud et sans sucre.

Maxou n’avait jamais bu d’alcool de sa vie, mais le patron insista

 en l’insultant et le menaçant de lui foutre sur la gueule.

Puis le travail commençait, sous les hurlements du patron et les rires moqueurs de l’apprenti.

Pas une minute de repos, même pour aller aux toilettes il fallait se dépêcher.

Vers 10 heures du matin, le petit dej très rapide, de l’ordre de 5 minutes maxi.

Même là, le patron intervenait pour le précipiter

et bien souvent le bol de café finissait dans l’évier.

Le midi tout ce beau monde se retrouvait autour de la table familiale,

 ou plutôt autour de la mangeoire.

Maxou avait perdu l’appétit et ne pouvait plus avaler grand chose

 tellement la vision de ces porcs le dégoûtait.

Le spectacle du patron la tête penché au ras de l’auge qui lui servait d’assiette.

Ce monstre qui se goinfrait, enfonçant les aliments dans sa bouche avec les deux mains dans un boucan invraisemblable, tout en rotant bruyamment. Et ceci tout au long du repas et dans l’indifférence général des pauvres crétins qui l’entouraient… L’horreur.

Maxou se demandait s’il ne rêvait pas, s’il n’allait pas sortir de ce cauchemar…

ça ne pouvait être qu’un cauchemar…

Juste après le repas, le travail reprenait, toujours sous les aboiements et les menaces du gros. L’après midi, le monstre lui octroyait 2 ou 3 heures de sommeil avant de remettre ça jusqu'au soir vers 11heures oû il le gratifiait généreusement d’une bonne nuit de sommeil

de 2 heures…

Les jours se suivirent pendant deux longues années…

Maxou n’éxistait plus, il était devenu Timide.

C’était le nouveau nom que la patronne avait décidé de lui donner…

Et depuis ce jour toute cette sainte famille de pourceaux l’appela ainsi,

 même  le rejeton du gros porc. Et oui ce truc immonde avait réussi à engrosser la truie et lui refiler un polichinelle.

Bref le gamin en question avait 4 ou 5 ans,

et était aussi ignoble que le reste de la famille.

Et bien entendu, il ne connaissait Maxou que sous le nom de Timide.

Deux années de tortures morales, de travail, 18 heures par jour…

Maxou était devenu un autre…Il ne se nourrissait pratiquement plus

 pour sortir le plus vite possible de table.

Il avait pratiquement perdu l’usage de la parole…Il ne répondait que par oui ou non…

Le silence…et cette boule dans l’estomac…Les envies de suicide…

La situation était devenue tel que le patron s’en inquiéta auprès du père du jeune homme.

Ce jour là Maxou se tenait debout à coté du gros, celui-ci lui montrait comment étaler de la patte avec un rouleau à pâtisserie.

La bête immonde poussait sur le rouleau tout en éructant et soufflant bruyamment.

Il était torse nu.

Maxou serrait très fort le couteau qu’il tenait dans sa main…

Un de ces couteaux d’une trentaine de centimètres...Brillant et très pointu…

Il regardait ce dos  monstrueux et serrait de plus en plus fort le couteau…

Mais non…Je ne pourrais pas…Et si jamais je le ratais ?

Est-ce que le couteau va s’enfoncer suffisamment pour le tuer ?

Si le couteau rebondissait sur un os ?

Si jamais je ne le tuais pas du premier coup ?

Lui ne me raterait pas…

Ça n’est pas la peur de tuer qui ce jour là l’empêcha de passer à l’acte,

mais la peur de rater son coup…Les représailles…

La prison, il s’en fichait complètement…ça ne pouvait pas être pire…

Il abandonna cette idée… Mais le regretta…

Cet échec ne fit qu’accentuer son état dépressif…Dont d’ailleurs personne ne se souciait…

Il aurait préférer mourir…Il ne voyait aucune issue…

Bien sûr il pensa à la fugue…Mais oû aller ?

Il ne connaissait rien de la vie…De l’extérieur…

J’aimerais bien mourir…Dormir longtemps…

Le lundi était jour de repos, mais Maxou le passait surtout à dormir.

Pas d’amis…Pas de joies…Le néant…

La mort c’est mieux…

Un jour Maxou raconta à sa mère que son patron le faisait boire à son travail.

Comme la maman de maxou n’aimait pas les alcooliques, elle décida de rompre le contrat d’apprentissage.

Pourquoi n’avait il pas raconter ça plus tôt ?

Il n’aurait pas imaginé que ce détail aurait pu le sauver de cet enfer…

Mais Maxou avait gardé cet enfermement permanent et trouva un réconfort dans la drogue qui devint son compagnon de voyage pendant quelques années…

Bien des années plus tard Maxou décida de se rendre dans le village ou résidait cette boulangerie…

Bien entendu les patrons n’étaient plus les mêmes, mais il retrouva l’épicière du coin qui les avait connus.

Elle lui raconta que celui-ci avait sombré dans l’alcool, et qu’un jour les gendarmes retrouvèrent le fils de celui-ci dans les toilettes… étranglé.

Les policiers soupçonnèrent le patron…il aurait très bien pu faire le coup dans un état d’ébriété, mais sans preuves l’affaire ne fut jamais résolue.

A la suite de ce drame, ils décidèrent de vendre la boulangerie

et partirent dans une autre ville ouvrir un débit de boisson.

Evidemment ça n’arrangea pas les choses…

Il se mis à boire de plus en plus et fini par en mourir.

Maxou ne revint plus jamais dans le village.

Par alava
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