Jeudi 7 juillet 2005

 Maxou avait 14 ans, très timide, renfermé et solitaire,

 il voulait entrer aux beaux arts, mais sa maman ne voulait pas,

elle désirait qu’il gagne sa vie dans l’alimentaire…Ça rapporte l’alimentaire.

Donc elle le plaça chez un boulanger, en apprentissage.

Un soir, son papa l’accompagna chez celui qui sera dorénavant son patron.

et le laissa là, face à… La chose.

Le patron en question mesurait dans les 2 mètres

et devait peser dans les 140 kilos.

D’une saleté et d’une vulgarité sans nom,

aussi bien dans ses propos que dans son comportement.

A longueur de journée c’était les grosses blagues sur le sexe

ponctuées de grognements et de rots (volontaires ou non).

La femme de ce patron était une petite chose pleine de mépris et de paroles blessantes.

Elle prit Maxou en grippe immédiatement, faisant allusion à sa timidité et se moquant de lui.

La grand mère, (parce qu’il y avait une grand mère) se voulait toute menue et gentille.

Ce petit bout de femme adorait manger… les yeux de lapin…Elle était accompagné d’un chien (un batard). Un jour elle décida de s’en débarrasser…Et tout naturellement, elle le pendit par le cou à la corde à linge, et lui tira dessus avec le fusil de chasse.

Et il y avait pour compléter le tableau, l’apprenti…

Dés qu’il vit Maxou il lui dit qu’il n’aimait pas sa gueule

et qu’il lui en ferait voir de toutes les couleurs.

Quant au lieu de travail, le fournil, d’une crasse inimaginable…

Des espèces de toiles qui servaient à poser la pâte à pain fraîche, traînaient par terre…

Le chien de la maison si réfugiait et pissait régulièrement dessus.

Ces toiles n’étaient évidemment jamais nettoyées…

Maxou était désespéré à l’idée qu’il allait rester 3 longues années dans cet univers écoeurant.

Dans son cœur d’enfant pris place le désespoir.

Et Les journées passèrent…

Lever à 1 heure du matin, le ventre vide, il fallait avaler un verre rempli pour moitié de café et pour l’autre moitié de kirsh, le tout très chaud et sans sucre.

Maxou n’avait jamais bu d’alcool de sa vie, mais le patron insista

 en l’insultant et le menaçant de lui foutre sur la gueule.

Puis le travail commençait, sous les hurlements du patron et les rires moqueurs de l’apprenti.

Pas une minute de repos, même pour aller aux toilettes il fallait se dépêcher.

Vers 10 heures du matin, le petit dej très rapide, de l’ordre de 5 minutes maxi.

Même là, le patron intervenait pour le précipiter

et bien souvent le bol de café finissait dans l’évier.

Le midi tout ce beau monde se retrouvait autour de la table familiale,

 ou plutôt autour de la mangeoire.

Maxou avait perdu l’appétit et ne pouvait plus avaler grand chose

 tellement la vision de ces porcs le dégoûtait.

Le spectacle du patron la tête penché au ras de l’auge qui lui servait d’assiette.

Ce monstre qui se goinfrait, enfonçant les aliments dans sa bouche avec les deux mains dans un boucan invraisemblable, tout en rotant bruyamment. Et ceci tout au long du repas et dans l’indifférence général des pauvres crétins qui l’entouraient… L’horreur.

Maxou se demandait s’il ne rêvait pas, s’il n’allait pas sortir de ce cauchemar…

ça ne pouvait être qu’un cauchemar…

Juste après le repas, le travail reprenait, toujours sous les aboiements et les menaces du gros. L’après midi, le monstre lui octroyait 2 ou 3 heures de sommeil avant de remettre ça jusqu'au soir vers 11heures oû il le gratifiait généreusement d’une bonne nuit de sommeil

de 2 heures…

Les jours se suivirent pendant deux longues années…

Maxou n’éxistait plus, il était devenu Timide.

C’était le nouveau nom que la patronne avait décidé de lui donner…

Et depuis ce jour toute cette sainte famille de pourceaux l’appela ainsi,

 même  le rejeton du gros porc. Et oui ce truc immonde avait réussi à engrosser la truie et lui refiler un polichinelle.

Bref le gamin en question avait 4 ou 5 ans,

et était aussi ignoble que le reste de la famille.

Et bien entendu, il ne connaissait Maxou que sous le nom de Timide.

Deux années de tortures morales, de travail, 18 heures par jour…

Maxou était devenu un autre…Il ne se nourrissait pratiquement plus

 pour sortir le plus vite possible de table.

Il avait pratiquement perdu l’usage de la parole…Il ne répondait que par oui ou non…

Le silence…et cette boule dans l’estomac…Les envies de suicide…

La situation était devenue tel que le patron s’en inquiéta auprès du père du jeune homme.

Ce jour là Maxou se tenait debout à coté du gros, celui-ci lui montrait comment étaler de la patte avec un rouleau à pâtisserie.

La bête immonde poussait sur le rouleau tout en éructant et soufflant bruyamment.

Il était torse nu.

Maxou serrait très fort le couteau qu’il tenait dans sa main…

Un de ces couteaux d’une trentaine de centimètres...Brillant et très pointu…

Il regardait ce dos  monstrueux et serrait de plus en plus fort le couteau…

Mais non…Je ne pourrais pas…Et si jamais je le ratais ?

Est-ce que le couteau va s’enfoncer suffisamment pour le tuer ?

Si le couteau rebondissait sur un os ?

Si jamais je ne le tuais pas du premier coup ?

Lui ne me raterait pas…

Ça n’est pas la peur de tuer qui ce jour là l’empêcha de passer à l’acte,

mais la peur de rater son coup…Les représailles…

La prison, il s’en fichait complètement…ça ne pouvait pas être pire…

Il abandonna cette idée… Mais le regretta…

Cet échec ne fit qu’accentuer son état dépressif…Dont d’ailleurs personne ne se souciait…

Il aurait préférer mourir…Il ne voyait aucune issue…

Bien sûr il pensa à la fugue…Mais oû aller ?

Il ne connaissait rien de la vie…De l’extérieur…

J’aimerais bien mourir…Dormir longtemps…

Le lundi était jour de repos, mais Maxou le passait surtout à dormir.

Pas d’amis…Pas de joies…Le néant…

La mort c’est mieux…

Un jour Maxou raconta à sa mère que son patron le faisait boire à son travail.

Comme la maman de maxou n’aimait pas les alcooliques, elle décida de rompre le contrat d’apprentissage.

Pourquoi n’avait il pas raconter ça plus tôt ?

Il n’aurait pas imaginé que ce détail aurait pu le sauver de cet enfer…

Mais Maxou avait gardé cet enfermement permanent et trouva un réconfort dans la drogue qui devint son compagnon de voyage pendant quelques années…

Bien des années plus tard Maxou décida de se rendre dans le village ou résidait cette boulangerie…

Bien entendu les patrons n’étaient plus les mêmes, mais il retrouva l’épicière du coin qui les avait connus.

Elle lui raconta que celui-ci avait sombré dans l’alcool, et qu’un jour les gendarmes retrouvèrent le fils de celui-ci dans les toilettes… étranglé.

Les policiers soupçonnèrent le patron…il aurait très bien pu faire le coup dans un état d’ébriété, mais sans preuves l’affaire ne fut jamais résolue.

A la suite de ce drame, ils décidèrent de vendre la boulangerie

et partirent dans une autre ville ouvrir un débit de boisson.

Evidemment ça n’arrangea pas les choses…

Il se mis à boire de plus en plus et fini par en mourir.

Maxou ne revint plus jamais dans le village.

Par alava - Publié dans : Mes tranches de vies
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Vendredi 11 février 2005

 

                  Premiére partie  

                            Enfance

Histoire de vous mettre dans l’ambiance qui a précédé cette période, je vais vous raconter un peu mon enfance sans trop m’étendre. (J’édulcore au maximum, car ça pourrais faire l’objet de plusieurs tomes).

J’ai été élevé sous l’autorité de ma mère dans la claustration, les coups et sévices en tous genres, sans avoir le droit d’inviter des camarades à la maison, de sortir, regarder la télé.  La moindre erreur me valait une volée de coups (Ne pas se tenir droit, parler a table, etc.…). Mon trajet de l’école à la maison était chronométré par ma mère, et si je dépassais d’une ou deux minutes, elle m’attendait le fouet à la main. (Y’avait pas que le fouet, mais le bâton, le nerf de bœuf.…)

A chaque fois qu’elle me battait, (et quand je dis ça, je pèse mes mots, car il s’agissait d’un véritable passage à tabac), elle me mettait au lit, et quand mon père rentrait du boulot, il m’en sortait pour en remettre une couche, idem pour mon frère (mon aîné de 7 ans) qui me détestait. Bref une volée en 3 exemplaires.

Une phrase me revient souvent en mémoire lorsque ma mère me frappait (avec le fouet) «   J’en ai mal au poignet » ce qui peut vous donner une idée de la violence. Après, il me fallait une bonne demi heure pour pouvoir me relever, car les multiples zébrures sanguinolentes sur les jambes m’empêchaient de faire le moindre mouvement.

A chaque fois qu’elle décidait de me tabasser, (pour une raison parfois futile), je me mettais en position du fétus, les bras repliés sur la tête pour éviter les coups sur le visage. Je criais  pitié ! Pitié ! Entre mes sanglots étranglés, mais rien n’y faisait, elle continuait de plus belle. Le seul avantage, c’est que pendant plusieurs jours, pas d’école, le temps que mes jambes cicatrisent.

Quel age devais je avoir ? Juste le souvenir qu’il fallait me mette sur la pointe des pieds pour atteindre le niveau de la table. Ça la prenait comme ça, tout d’un coup.

Elle s’accroupie, me prend la main et me la mord de plus en plus fort en me regardent droit dans les yeux : « ça fait mal hein ? Ça fait mal ! » Avec son sourire sadique. Je regardais ses yeux au travers du brouillard de mes larmes, je ne comprenais pas pourquoi. Son regard d’un bleu très pale, ses yeux me paraissaient énormes et sa pupille étroite, le regard d’un serpent. Quelques fois elle m’enfermait pendant plusieurs heures dans la cave sans lumière (l’endroit me terrorisait, car elle était remplie d’araignées). Hurlements et pleurs n’y faisait rien, elle n’avait aucune pitié.

Mes parents s’entendaient très mal, pas besoin de réveil le matin car leur enguelade journalière et très matinale suffisaient pour me sortir du sommeil. J’y étais tellement habitué que je me réveillais une ou deux minutes avant que ça barde.

Dans ces moments la il fallait que je me tienne à carreau toute la journée pour ne pas dérouiller.

Elle ne venait jamais me chercher à la sortie de l’école, même à la maternelle. Je me tapais le chemin à pied, seul (nous habitions un petit village dans la Beauce). Un jour, sur le chemin du retour, j’aperçois un type en train de battre son chien avec ce que j’identifiais comme étant un manche de pioche. Le chien était attaché par une chaîne à un arbre, et le mec le tabassait comme un dingue, même en me bouchant les oreilles ça ne suffisait pas à couvrir les hurlements de l’animal (c’était un berger allemand). Terrorisé,  mon cœur me battait dans la bouche, j’ai pris mon élan et couru jusqu’à la maison en pleurs. Je pousse la porte d’entrée, elle résiste d’une façon inhabituelle, je force et réussi péniblement à me faufiler dans l’entrée. Le sol était jonché de vaisselle cassée. Je n’arrivais même pas à distinguer le carrelage, tout le couloir était recouvert,  le sol de la cuisine aussi. Ma mère se tenait là, debout, une pile d’assiettes à la main qu’elle jetait en rage sur le sol. Quand elle me vit, elle s’empara d’un plat en porcelaine et le jeta dans ma direction : « C’est de ta faute ça ! ».

Pas le temps de réagir, ni de me baisser pour éviter le projectile qui alla se fracasser contre la porte d’entrée.

Bizarrement ce n’est pas cette agression qui m’a fait le plus peur, mais la colère de ma mère, car cette violence se retournait souvent contre moi.

Bien sûr ma mère était réac, ça va de soit, mais aussi misogyne, raciste, jalouse, radine, misanthrope.

Quand je pense qu’à quelques jours prés j’étais Parisien, et il a fallut que je naisse dans un bled pourri de Beauce.

Un bled de merde ou les instituteurs nous tabassaient, même ceux des cours préparatoires qui nous attachaient aux portes manteaux par la ceinture de nos blouses. Essayez d’imaginer la hauteur que représente un porte manteau pour un gosse qui sort de la maternelle…….D’autant qu’ils nous laissaient suspendus pendant tout le cours, ou jusqu'à la rupture de la ceinture, et le gamin se vautrait la gueule sur le carrelage. Si je choppais un de ces connards aujourd’hui il regretterait de ne pas être passé entre les mains des nazis. Pourquoi ces types là avaient ils choisi ce métier ?

Un souvenir me revient, celui d’un mastodonte du style de ce champion de karaté (le copain de Bernadette Chirac), mais en beaucoup moins sympa. Un jour il lui prit l’envie de coller un gosse au coin, à genoux sur une règle en métal. Evidemment au bout d’un quart d’heure le gamin se plaint (et oui ça fini par faire mal), bref au bout d’un moment le gros con s’énerve et commence à lui dire de se taire en lui envoyant des coups de pieds dans les jambes, puis de fil en aiguille il frappe de plus en plus fort tout en l’insultant, toujours à coup de pied. Le gamin tombe, et là le mec se fâche pour de bon et le roue de coups de pieds. Hurlements, cris, puis un autre hurlement beaucoup plus fort que les autres, le connard s’arrête de frapper, prend le gamin dans les bras et l’emporte chez le directeur (y’avait pas d’infirmerie, évidemment). Nous apprenions plus tard qu’il lui avait cassé la jambe. A cette époque les parents étaient moins susceptibles qu’aujourd’hui, non seulement ils ne déposaient pas de plaintes, mais ils encourageaient les instits à nous taper dessus, et ceux-ci ne s’en privaient pas.

Mais la violence ne s’arrêtait pas là. Il y avait aussi à la sortie de l’école un rite tout à fait sympa. Le jeu consistait (pour les plus grands, et les plus cons des élèves toutes classes confondues) à vous enfermer dans un cercle infranchissable dans lequel vous deviez vous battre avec un mastodonte (et croyez moi en Beauce ce genre de boeuf ça manque pas). Evidemment la proie était toujours un mec chétif, et moi je faisais parfaitement l’affaire, d’autant que je n’étais pas un fils de paysan, ce qui constituait à leurs yeux la pire des tares. Bref je me faisait refaire le portrait, et une fois au sol, la ronde vous achevait à coups de pied. Dans ces cas là, je rentrais chez moi en retard, et donc je savais que j’allais prendre une volée. La gueule en sang, les yeux pochés et des bleus sur tout le corps, ma chère et tendre mère m’attendait à l’entrée de la maison (que d’ailleurs j’avais rebaptisée Alcatraz), et vue mon état m’accusait de tous les mots et me passait consciencieusement à tabac.

.......................A suivre

Par rava alava - Publié dans : Mes tranches de vies
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