Maxou avait 14 ans, très timide, renfermé et solitaire,
il voulait entrer aux beaux arts, mais sa maman ne voulait pas,
elle désirait quil gagne sa vie dans lalimentaire Ça rapporte lalimentaire.
Donc elle le plaça chez un boulanger, en apprentissage.
Un soir, son papa laccompagna chez celui qui sera dorénavant son patron.
et le laissa là, face à La chose.
Le patron en question mesurait dans les 2 mètres
et devait peser dans les 140 kilos.
Dune saleté et dune vulgarité sans nom,
aussi bien dans ses propos que dans son comportement.
A longueur de journée cétait les grosses blagues sur le sexe
ponctuées de grognements et de rots (volontaires ou non).
La femme de ce patron était une petite chose pleine de mépris et de paroles blessantes.
Elle prit Maxou en grippe immédiatement, faisant allusion à sa timidité et se moquant de lui.
La grand mère, (parce quil y avait une grand mère) se voulait toute menue et gentille.
Ce petit bout de femme adorait manger les yeux de lapin Elle était accompagné dun chien (un batard). Un jour elle décida de sen débarrasser Et tout naturellement, elle le pendit par le cou à la corde à linge, et lui tira dessus avec le fusil de chasse.
Et il y avait pour compléter le tableau, lapprenti
Dés quil vit Maxou il lui dit quil naimait pas sa gueule
et quil lui en ferait voir de toutes les couleurs.
Quant au lieu de travail, le fournil, dune crasse inimaginable
Des espèces de toiles qui servaient à poser la pâte à pain fraîche, traînaient par terre
Le chien de la maison si réfugiait et pissait régulièrement dessus.
Ces toiles nétaient évidemment jamais nettoyées
Maxou était désespéré à lidée quil allait rester 3 longues années dans cet univers écoeurant.
Dans son cur denfant pris place le désespoir.
Et Les journées passèrent
Lever à 1 heure du matin, le ventre vide, il fallait avaler un verre rempli pour moitié de café et pour lautre moitié de kirsh, le tout très chaud et sans sucre.
Maxou navait jamais bu dalcool de sa vie, mais le patron insista
en linsultant et le menaçant de lui foutre sur la gueule.
Puis le travail commençait, sous les hurlements du patron et les rires moqueurs de lapprenti.
Pas une minute de repos, même pour aller aux toilettes il fallait se dépêcher.
Vers 10 heures du matin, le petit dej très rapide, de lordre de 5 minutes maxi.
Même là, le patron intervenait pour le précipiter
et bien souvent le bol de café finissait dans lévier.
Le midi tout ce beau monde se retrouvait autour de la table familiale,
ou plutôt autour de la mangeoire.
Maxou avait perdu lappétit et ne pouvait plus avaler grand chose
tellement la vision de ces porcs le dégoûtait.
Le spectacle du patron la tête penché au ras de lauge qui lui servait dassiette.
Ce monstre qui se goinfrait, enfonçant les aliments dans sa bouche avec les deux mains dans un boucan invraisemblable, tout en rotant bruyamment. Et ceci tout au long du repas et dans lindifférence général des pauvres crétins qui lentouraient Lhorreur.
Maxou se demandait sil ne rêvait pas, sil nallait pas sortir de ce cauchemar
ça ne pouvait être quun cauchemar
Juste après le repas, le travail reprenait, toujours sous les aboiements et les menaces du gros. Laprès midi, le monstre lui octroyait 2 ou 3 heures de sommeil avant de remettre ça jusqu'au soir vers 11heures oû il le gratifiait généreusement dune bonne nuit de sommeil
de 2 heures
Les jours se suivirent pendant deux longues années
Maxou néxistait plus, il était devenu Timide.
Cétait le nouveau nom que la patronne avait décidé de lui donner
Et depuis ce jour toute cette sainte famille de pourceaux lappela ainsi,
même le rejeton du gros porc. Et oui ce truc immonde avait réussi à engrosser la truie et lui refiler un polichinelle.
Bref le gamin en question avait 4 ou 5 ans,
et était aussi ignoble que le reste de la famille.
Et bien entendu, il ne connaissait Maxou que sous le nom de Timide.
Deux années de tortures morales, de travail, 18 heures par jour
Maxou était devenu un autre Il ne se nourrissait pratiquement plus
pour sortir le plus vite possible de table.
Il avait pratiquement perdu lusage de la parole Il ne répondait que par oui ou non
Le silence et cette boule dans lestomac Les envies de suicide
La situation était devenue tel que le patron sen inquiéta auprès du père du jeune homme.
Ce jour là Maxou se tenait debout à coté du gros, celui-ci lui montrait comment étaler de la patte avec un rouleau à pâtisserie.
La bête immonde poussait sur le rouleau tout en éructant et soufflant bruyamment.
Il était torse nu.
Maxou serrait très fort le couteau quil tenait dans sa main
Un de ces couteaux dune trentaine de centimètres...Brillant et très pointu
Il regardait ce dos monstrueux et serrait de plus en plus fort le couteau
Mais non Je ne pourrais pas Et si jamais je le ratais ?
Est-ce que le couteau va senfoncer suffisamment pour le tuer ?
Si le couteau rebondissait sur un os ?
Si jamais je ne le tuais pas du premier coup ?
Lui ne me raterait pas
Ça nest pas la peur de tuer qui ce jour là lempêcha de passer à lacte,
mais la peur de rater son coup Les représailles
La prison, il sen fichait complètement ça ne pouvait pas être pire
Il abandonna cette idée Mais le regretta
Cet échec ne fit quaccentuer son état dépressif Dont dailleurs personne ne se souciait
Il aurait préférer mourir Il ne voyait aucune issue
Bien sûr il pensa à la fugue Mais oû aller ?
Il ne connaissait rien de la vie De lextérieur
Jaimerais bien mourir Dormir longtemps
Le lundi était jour de repos, mais Maxou le passait surtout à dormir.
Pas damis Pas de joies Le néant
La mort cest mieux
Un jour Maxou raconta à sa mère que son patron le faisait boire à son travail.
Comme la maman de maxou naimait pas les alcooliques, elle décida de rompre le contrat dapprentissage.
Pourquoi navait il pas raconter ça plus tôt ?
Il naurait pas imaginé que ce détail aurait pu le sauver de cet enfer
Mais Maxou avait gardé cet enfermement permanent et trouva un réconfort dans la drogue qui devint son compagnon de voyage pendant quelques années
Bien des années plus tard Maxou décida de se rendre dans le village ou résidait cette boulangerie
Bien entendu les patrons nétaient plus les mêmes, mais il retrouva lépicière du coin qui les avait connus.
Elle lui raconta que celui-ci avait sombré dans lalcool, et quun jour les gendarmes retrouvèrent le fils de celui-ci dans les toilettes étranglé.
Les policiers soupçonnèrent le patron il aurait très bien pu faire le coup dans un état débriété, mais sans preuves laffaire ne fut jamais résolue.
A la suite de ce drame, ils décidèrent de vendre la boulangerie
et partirent dans une autre ville ouvrir un débit de boisson.
Evidemment ça narrangea pas les choses
Il se mis à boire de plus en plus et fini par en mourir.
Maxou ne revint plus jamais dans le village.
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