Le retour
..Suite2 et fin
Je maperçois que je nai pas respecté lordre chronologique dans mon récit, mais après tout ça na pas vraiment dimportance Jai omis la période dans une ville du midi de la France oû mes activités étaient plus politiques.
Je ne vais pas métendre là dessus, mais cest là que jai fait la connaissance de groupes anarchistes jai réalisé quelques affiches pour eux, participé à des manifs etc Tiens au fait, je ne sais pas si cest toujours employé dans les manifs, il sagit de rondelles de pommes de terre, il fallait se frotter les yeux avec pour luter contre les inconvénients des lacrymogènes, ça atténue lirritation (enfin cest pas terrible), par contre pour vous empêcher de dégobiller je nai pas la solution, à part le masque, mais pour courir ça risque de poser problème
Jai le souvenir dune manif contre les exécutions capitales en Espagne sous le régime Franquiste, oû les crs nont pas hésité à charger malgré la présence de personnalités et de personnes âgées devant le cortège. Le souvenir des descentes de flics et perquisitions en pleine nuit. Si vous voulez foutre le bordel chez vous cest radical .
Un jour, à Paris je passe devant un bâtiment avec une banderole « Luttons ensemble contre la société de consommation ».
Ça mintrigue, et puis finalement je pense quil sagit dun piège publicitaire pour attirer les gogos. Quelques années plus tard, je tombe sur un bouquin qui relate la saga daction direct, et je découvre quil sagissait deux, avant quils ne prennent le maquis. Jai raté une rencontre qui maurait intéressé, mais je ne les aurais pas suivi, à lépoque je ne pensais pas que la violence pouvait résoudre quoi que se soit .Aujourdhui je ne sais pas, quand on voit tout ce qui se passe, lindifférence, la soumission, la béatification des crétins de toutes sortes, la télé, que lextrême droite peut sexprimer en toute impunité, le retour à lesclavagisme, le gangstérisme étatique, que les jeunes ne sintéressent plus à la politique, etc .
Plus je prends de lâge et plus je deviens extrémiste, comme quoi ça ne conduit pas forcément à une forme de sagesse
Si jai cru à une époque que lon pouvait résoudre les problèmes par les voies pacifiques, aujourdhui je ne pense plus du tout de la même façon. Je ne crois plus que lon puisse changer quoi que se soit par les voies démocratiques. Essayez de convaincre les gens de moins polluer
ils sen foutent complètement, la facilité lemporte toujours. Quand au gouvernement
Pour en revenir à mon récit, jai définitivement arrêté les drogues, sans médicaments
. Même si mes problèmes psychologiques sont toujours présents, je néprouve plus ce besoin, car cétait aussi lié à une époque et un milieu que je ne fréquentais plus.
Mes nouveaux amis étaient peintres ou musiciens.
Durant toutes ces années jai exposé, créer des associations, et surtout bossé la peinture comme un dingue.
Et puis un jour en 1994, mon père décède dune crise cardiaque. Mes parents navaient pas prévue de successions et la totalité des biens revenait aux enfants. Mais vu la crise que ma mère nous a fait, on décida de tout lui laisser.
Elle vendit la maison pour partir dans le midi sous la surveillance de ce grand frère (son fils préféré) qui aujourdhui la dépouille consciencieusement de ses économies, sans que je ne puisse intervenir, du moins légalement
Au début, elle me téléphonait régulièrement, me tenant la jambe pendant plusieurs heures pour me raconter des horreurs qui me sapait le moral pour le reste de la journée. Depuis plusieurs années je nai plus de nouvelles
A-t-elle égaré mon numéro ? En tous cas je préfère ne pas lappeler
.
Aujourdhui je vis dans une autre région, à la campagne ou je retape une ferme pour y créer un centre artistique.
Jai quelques fois la nostalgie des communautés, de cette utopie dune vie différente et moins matérialiste, de ces amis avec lesquels on partageait le peu que lon avait
Cest incroyable la haine qua pu susciter ce mouvement, je me suis fait agresser des tas de fois, cracher dessus dans la rue
.Tabassé
.Avoir les cheveux longs à lépoque, cétait se mettre à dos une bonne partie de la population
.Et je les ai eu très long (encore aujourdhui)
.Jusquà la taille
et teints au henné.
A 16 ans je calquais mon look sur celui de Jimmy Hendrix et ceci dans les plaines de Beauce, le plus sûr moyen de se faire démonter la tronche
. On men a tellement fais bavé avec mes cheveux, que je me suis juré de ne jamais les couper
..Et puis je ne suis pas du genre à me soumettre comme ça
Les Beaucerons cest têtu
Jai gardé de cette époque un shilom et un portrait quune amie avait fait de moi sur la plage de Sète en 1971
Quelques photos du festival de White oû lon pouvait côtoyer les Hells Angels, cest là que jai vu pour la dernière fois Jimmy Hendrix, il devait mourir un mois après, jai appris sa mort dans un café alors que jétais sous amphétamine .
Par contre je nai aucun de mes dessins réalisés dans cette période, ils ont tous été vendus ou donnés, et cest sûrement ce que javais fait de mieux. Baudelaire disait : « Faites fumer du cannabis à votre charcutier, il fera des rêves de charcutier », heureusement ce ne fut pas mon cas. Il y avait une créativité incroyable à cette époque, jai le souvenir de fresques que jaurais aimé garder Bon, là je maperçois que je tombe dans la nostalgie de vieux cons
Ce récit nest évidemment pas complet, je le reprendrais plus tard pour le détailler davantage, jai omis volontairement des périodes importantes mais je ne voulais pas trop choquer. Et puis lauto censure cest difficile à combattre
Voila ..Cest finiLes années Séventies...Suite 7
Le retour
Mes parents mont prêté une dépendance pour y aménager mon atelier. Le seul moyen relativement efficace pour chauffer cet endroit était le poêle à charbon, car sous les toits, même bien isolé cest pas si évident que ça.
Cest dans ce petit local que je me suis plongé dans la peinture et le dessin. Je restais de longues périodes sans sortir, je bossais comme une bête. Et puis les problèmes de santé ont déboulé .Je ne vais pas métendre là dessus, mais juste une période. Elle a commencé par une crise de cystite
Moi qui pensais que cétait réservé aux femmes .Il faut vraiment connaître ça pour comprendre ce que cest, surtout que cette saloperie a duré un an, jour et nuit. Des brûlures et envies de pisser en permanence avec des crises très violentes qui me faisaient rouler par terre de douleurs. Je me levais six ou sept fois dans la nuit pour aller pisser, le jour cétait pareille, le tout accompagné de brûlures insupportables. Je devenais dingue, aucun médicament ne me soulageait et le toubib mavait fait comprendre quil ne pouvait plus rien faire pour moi. Je me demande encore aujourdhui comment jai pu résister à cet enfer. Je ne mangeais pratiquement plus et jenvisageais sérieusement le suicide jusquau jour ou ça cest arrêté Dun seul coup, en une fraction de seconde Je restais debout en me disant que ça allait revenir, et bien non .Le soulagement incroyable .Je renaissais .Et là jen ai profité un max, les sorties, les fêtes avec des potes peintres et musiciens, les cuites, (bon quelques pétards aussi ). A propos de pétards, comme un con jai essayé den faire pousser, mais à lépoque je nétais pas très doué pour le jardinage .Je métais procuré une grosse bassine remplie de terre et planté les graines, les arrosais tous les jours à leau tiède, et ça poussait super, mais comme jenfermais le truc dans un placard sans lumière, évidemment les plans sont monté et ont fini par crever .Nul le mec De toute façon le shit na jamais été mon truc, je préférais tout ce qui bouste à fond, les amphétamines, lacid, ça cest de la dope qui arrache, tout le reste, ça endort
Cest comme la musique, faut que ça dégage, que ça étripe .Putain je suis une vraie bête des fois, et puis paradoxalement jaime bien aussi les trucs cools, je passe toujours dune extrême à lautre, le juste milieu cest pas pour moi
A cette époque jai fait la connaissance dune nana de 18 ans qui se faisait entretenir par un vieux friqué. Il lui payait son appart et tout ce qui allait avec. Ça me faisait marrer de voir tout ça, un lit circulaire qui occupait pratiquement toute la pièce, avec la stéréo incorporée et un bar, des flippers, baby-foot, chaîne stéréo, etc. Et du fric à la pelle
Bref, jallais souvent la voir avec des bouteilles déthers (Ben oui bon Je vous lai déjà dit on ne sarrête pas aussi facilement), et là on snifait comme des dingues, (on prenait aussi du tétrachlorure de carbone à consommer avec modération (Je déconne) à déconseiller aussi). Un jour, ou plutôt un soir, vers minuit, on se pointe avec un pote, bouteilles déther sous le bras, elle est seule, ont se snifs une bouteille chacun, et une fois bien arrachés, elle nous dit de partir car son mec doit venir Merde il est une heure du mat, et on est complètement stones, en plein délire, on risque de se faire ramasser par les flics et en plus ça caille à mort dehors. Mais bon On sarrache à regret, et dehors, je constate que non seulement je nai pas froid, mais au contraire, jai trop chaud Et oui léther ça anesthésie Jaurais pu me balader à poil en plein mois de Janvier, je ne ressentais absolument rien et mon pote pareille. Hilare, on part se réfugier dans un petit bistrot algérien, le seul truc repéré. Et là une dizaine de mecs nous regardent lair étonné, car il faut dire quà lépoque les Français ne fréquentaient pas ce genre dendroit. Mais ce qui les intriguait le plus étaitt notre air jovial et lodeur que lon trimbalait. Cest là que jai pris conscience quun type qui snif ce genre de produit en est imprégné au point que ça peu se sentir à cinq ou six mètres. Tout dépend de la quantité absorbé évidemment, mais surtout de la façon de le prendre, car quand je parle de snifer, je ne veux pas dire respirer le produit par le nez, car dans ce cas ça vous endort mais le respirer par la bouche au travers dun tissu très fin, là leffet est inverse, ça bouste direct dans la tête (Et les poumons en prennent une sacré claque) . Je pense souvent à Eric Clapton
Qui sétonne toujours dêtre encore vivant avec toutes les drogues quil a pris Ben moi aussi A part lhéroine et lessence, jai pas échappé à grand-chose, même le détachant vous savez celui de nos grands mères (et qui existe toujours sous le même nom). Avec ce truc jai même vu des choses bizarres, le paysage avait perdu ses couleurs, tout était gris et des espèces de bêtes sapprochaient de moi et essayaient de me toucher avec leurs pinces.
Un jour un toubib ma demandé comment se faisait-il que je nétais pas en proie à des délires hallucinatoires .
A cette période je délirais pas mal et je navais plus conscience de linterdit des substances au point de me balader en ville avec mon pétard à trois feuilles (ce qui nest pas des plus discret). Au feux rouges je remarquais bien des gens rigoler, mais je ne comprenais pas pourquoi Cest à cette période que jai rencontré mon premier Flirt ?? Je ne sais pas comment on dis .Une eurasienne de 16 ans, jen avait 27 .Jétais en plein détournement de mineur, mais ça je nen ai pris conscience que des années après. Pour moi elle avait mon age, elle fumait, et était dune maturité incroyable, et plus en avance que je ne létais, surtout coté sexe, elle pouvait sortir avec plusieurs mecs en même temps. Ensemble on a traversé une période provoque. Le jeu consistait à repérer dans un café une table occupée par notre cible préférée.
Lidéal étant un couple de petits bourges coincés du cul, et là on sarrangeait pour se placer le plus pres possible. Puis on se parlait à voies basses mais de façon à ce quils puissent entendre. Bien sûr on parlait de cul, mais version outrancière, et gestes sous la table à lappuis Je sais cest très con, mais on séclatait comme deux dingues
à voir la gueule outragée des frustrés, raides comme des piquets. On sest même fait viré dun café, mais on sen foutait. Je naurais jamais pensé faire de telles choses, elle était mon double au féminin, aussi dingue que moi. Je lai fréquenté pendant un an, puis on sest séparé .On sentendait trop bien peut être Cest lorsquelle ma quittée que jai réalisé que je navais jamais couché avec elle ça vous épate hein ? Cest con, mais je ny ai pas pensé .Faut le faire .Quel crétin
Jai appris plus tard quelle était devenue lesbienne Certains diraient « Jespère que ça nest pas à cause de moi », mais moi je dirais « Jespère que jy suis pour quelque chose » . Finalement peut être que Satan mhabite. (Je sais, elle est facile celle là).
.A suivre
Les années Seventies
Suite 6
Toulouse
Sur place je prendre un appartement avec une amie, nous avions le projet dune troupe de théâtre.
Je nai plus le souvenir de ladresse, mais ça sappelait « Volubilis » et pas pour nimporte quelle raison
.
Le Volubilis est une fleur, mais là il sagissait des graines que lon faisait infuser pour senvoyer en lair (et oui jai replongé au truc). La drogue cest comme les cigarettes, on ne sarrête pas du premier coup.
Je vous déconseille fortement ce genre dinfusion, car en réalité ça nétait pas les graines qui agissaient, mais le conservateur qui les enrobaient, car après les avoir rincées, les mêmes graines navaient aucun effet.
Je suis resté dans lappart tout lhiver, je vendais mes dessins pour survivre, à lépoque ça me suffisait pour payer le loyer et me nourrir, ou plutôt nourrir tout le monde, car lendroit était très connu et ouvert à tous jour et nuit, et croyez moi ça défilait en permanence.
Il y avait de tout, dealers, toxicos, voleurs, et descente de flics au dessert (c'est-à-dire en pleine nuit).
Il faut que je vous décrive cet appartement, ou plutôt ce bourbier dans lequel on vivait.
Imaginez un couloir et une chambre, pas de meuble, juste de la mousse par terre, une fenêtre qui ne fermait pas car gonflée par lhumidité, et une condensation telle que le plafond était parsemé dune multitude de gouttelettes qui vous tombaient dessus pendant votre sommeil, et bien sûr pas de chauffage.
Le matin, je mhabillais le plus rapidement possible (mes fringues étaient gelées et humides), et je courais au café le plus proche pour me réchauffer.
Ensuite jallais vendre mes dessins, enfin quand je navais pas un accident de joint, car on fumait beaucoup et des fois toute la journée. Dans ces conditions, le projet de théâtre est évidemment tombé à leau, la copine ne pensait plus quà la dope et à ses histoires de cul. Petit à petit la troupe en gestation sest dispersée, et jai quitté les lieux à mon tour pour poursuivre ma peinture. Cest à cette période que je fis connaissance avec le monde des peintres et le milieu associatif.
.A suivre
Les années Seventies
Suite 5
And the road again Carcassonne
Deux années ont passé entre médicaments, psychiatre, dessins, peintures, virés dans les musées et galeries
Bref, je me suis cultivationné
..
Puis un jour, par lintermédiaire dun journal, je fais la connaissance dun peintre qui cherchait une personne pour restaurer sa maison. On se fixe rendez-vous à Paris pour un premier contact. Là il décide de memmener chez son avocat, dans le 16 ieme arrondissement, histoire de faire les présentations (je ne savais pas encore pourquoi). Deux semaines plus tard je me retrouve donc chez ce peintre. Il sagit dun coin isolé dans les environs de Carcassonne. Une grande bâtisse, latelier occupe tout le premier étage, avec de grandes baies vitrées. Là je découvre ses uvres
Incroyable, des délires sexuels traduits de façon enfantine, sans aucune technique, le genre de production impossible à mettre dans une galerie sans faire claquer de rire tous les invités. Pour ma part jai plutôt limpression que sa peinture nest quune couverture. Comment expliquer son train de vie, des corbeilles qui traînent partout dans la maison pleine de billets de banque.
Je me mis donc au travaille, le matin étant consacré exclusivement au dessin et à la peinture. Puis un jour il reçut la visite de deux colosses à la mine pas très engageante (patibulaire, mais presque), mais dune approche sympathique.
Je me mis en retrait histoire de ne pas les déranger, tout en réussissant à capter lessentiel de la conversation.
Il était question dune organisation (dissoute depuis), et daffaires un peu louches.
Quelques jours après, il me propose de le seconder dans ses « affaires », et me met au parfum.
Il mexplique quil sagit dun travail dune vingtaine de minutes, de temps en temps, pour gagner de quoi vivre pour le reste de lannée. Puis il me raconte une anecdote histoire de me mettre dans lambiance.
Il devait conduire un corbillard, deux colosses étaient chargés de prier un individu dy prendre place pour le raccompagner chez lui, pendant que les deux costauds à larrière du véhicule nettoyaient leur flingue. Il sagissait juste dune intimidation, sans plus.
Ce genre de magouille ne mintéressait évidemment pas, et jai compris en définitive quil désirait quelquun pour le remplacer, car visiblement il ne pouvait pas quitter cette organisation sans casse.
Le seul moyen pour lui était de parrainer un crétin pour prendre sa place, cétait tombé sur moi.
Pas question de me laisser embarquer dans cette galère, et je décidais quelques temps après, de me réfugier chez une amie.
Elle vivait avec une collègue, et me suis retrouvé dans un appartement avec deux femmes qui faisaient parti dun mouvement féministe qui comptait 150 membres, dont deux hommes (les veinards).
Evidemment, les collègues militantes furent très vite au courant de ma présence, et je les vis défiler une à une, histoire de voir a quoi ressemblait le phénomène. Et jen ai vu des sévères, il faut dire quà lépoque certaines militantes poussaient très loin le refus de la soumission au despotisme masculin, de sorte que certaines dentres elles ne sépilaient plus. Jen ai même vu avec des poils de barbe de plusieurs centimètres de longs. Ça peut faire rire ou pleurer, je ne sais pas. Le mouvement auquel elles appartenaient nacceptait pas les hommes, mais pour elles, les deux qui en faisaient partie étaient des prototypes hors du commun, des êtres supérieures, elles men parlaient comme des dieux vivants.
Bref, à coté jétais une merde, et à force de les entendre déblatérer je finissais par complexer à mort.
Puis vient le jour fatidique où elles décidèrent dinviter les deux bouffis. Evidemment, jétais dans mes petits souliers, la queue entre les jambes, et jappréhendais la confrontation de ces divinités dont je nétais pas digne.
Merde, ça sonne, je me précipite la peur au ventre
Jouvre la porte, et apparaissent les deux super héros
.. Devant mes yeux hagards
.
Un petit gros rigolard qui ne pensait quà manger et « baiser ». (Genre joyeux des sept nains, avec le nez rouge). Javais déjà envie de me marrer. Et lautre, tout le contraire, le genre coincé, glacial, (Jacques léventreur en personne). Là je navais plus envie de me marrer.
Bref, je fais entrer Laurel et Hardy, et je me précipite aux toilettes pour me marrer, et jen ressort avec langoisse que ça me prenne devant eux. (Quelle galère).
Tout le long de la soirée je basculais entre lenvie de rire, le malaise et pressé que les deux abrutis partent, Léventreur me glaçait et jévitais soigneusement de me trouver à coté de lui.
De temps en temps je croisais le regard de mon amie, les yeux brillants dadmiration devant ces deux exceptionnels (crétins, machos, et beaufs). Je tombais des nues, comment deux femmes intelligentes peuvent être aveuglées à ce point ???
Jai souffert en silence pendant toute la soirée, (plaisanterie de salle de garde, etc.
je passe sur les choses plus hard), et quand les deux pingouins sont partis, mon amie ma regardé dans les yeux en me demandent ce que je pensais deux, et là, jai explosé de rire, je ne pouvais même plus parler, les larmes me coulaient sur les joues, mort de rire, mal partout, jévacuais la tension de toutes la soirée. Inutile de vous dire quelle ma fait la gueule tout le reste de la semaine.
Puis vint Le week-end où elle décida de partir à la neige
Histoire de se péter une jambe
.
Aussitôt quelle fut partie, je déposais les clefs sur la table, claquais la porte derrière moi, et pris le train direction toulouse.
Je ne devais plus jamais la revoir. (Cest lâche, je sais, mais on est une bête ou pas
).
.A suivre ..
Les années Seventies
.Suite 4
Sur la route
A la fin de lhiver les proprios décident de nous virer. On décide donc de se diviser pour faire du stop et de se rendre à St Tropez dans une petite bicoque des parents de la blonde. Mais la route en a décidé autrement et je ne devais plus jamais les revoir. Mon chemin me conduisit à Aix en provence. Et cest là que je commençais ma descente aux enfers.
Je trouvais très vite une amie pour mhéberger, et la dope a suivi
.Acid, shit, et mélange de médicaments, pour ce qui est de mes expérimentations pharmaceutiques jétais devenu un expert, tous se marraient de mes mélanges explosifs, mais tous men réclamaient. Certains avaient des effets particulièrement hard, mais dans lensemble cétait quand même supportable. Très vite les dealers du coin sont devenus mes potes, et me refilaient de lherbe ou des acids gratos.
Cest incroyable ce que lorganisme peut supporter quand jy repense. Le matin je fumais une pipe de shit au réveil (à jeun), jallais me taper un petit noir au café et après commençait la série de pétard, puis je prenais soit un mélange de médicaments, soit de lacid, voir les deux en même temps, ou des cristaux, le tout accompagné de quelques pétards. A lépoque il existait une grande diversité dhallucinogènes, lacid (LSD), qui pouvait durer de 12 heures à 36 heures, les cristaux (une version allégé de lacid) qui durait environ 8 heures, la Mescaline aux effets comparables aux critaux, mais que je trouvais plus cool et plus hallucinogène. Il marrivait de mélanger lacid à des médicaments pour en diminuer le speed que je supportais difficilement. Un de mes grands moments de bonheur était la descente, cet instant oû le voyage se termine, oû lon redescend sur terre en quelque sorte. Là je me pausais à la terrasse dun café, et je restais immobile à savourer ce moment de plénitude incroyable. Ça durait à peu prés une heure, mais ça me paraissait très court. Il parait que cette sensation était comparable à celle que lon ressent après avoir fait lamour, mais lâ on touche un domaine qui métait étranger. Pendant mon séjour dans cette ville, je fus témoin de ce que lon peut appeler un fait-divers surprenant. Avant la période du festival, les autorités décidèrent de « faire le ménage » et de ramasser tous les « chevelus », même sur le campus. Comme à cette période mes cheveux étaient courts, jai échappé à cette rafle. Assis à la terrasse dun café, je regardais passer les gars entre deux flics, les mains menottées, direction le tribunal, et cinq minutes après ressortir toujours encadrés des deux flics en direction de la prison. Ce petit manège narrêtait pas de la journée, et ceci pendant une semaine, jusquau premier jour du festival. (Cétait légal ça ?) En tous cas, à lépoque, pas un journal nen a parlé.
Au bout dun ou deux mois, jétais complètement englouti par la dope, sans men apercevoir. Je ne remarquais même pas que je ne malimentais pratiquement plus. Vers la fin de mon séjour (qui a duré plusieurs mois), je ne mangeais quune petite tranche de pain complet par jour, histoire de calmer mes mots destomac, je navais plus conscience de rien, mon corps était traversé par des milliers de piqûres daiguilles, je me sentais très mal et très faible. Des bouffées de désespoir menvahissaient de temps en temps, des pertes de mémoire, je ne dormais pratiquement plus, la copine qui mhébergeait mavait mis à la porte, je couchais à la belle étoile nimporte oû, mes vêtements étaient réduits à des guenilles trouées, je navais même plus de chaussures et tous mes amis mavaient lâché. Je divaguais seul dans les rues à la recherche de drogues, et le plus dingue cest que jen trouvais toujours et plus facilement que de la nourriture. Il marrivais de prendre nimporte quoi, tout ce qui me passait entre les mains, éther, eau de Cologne, trichloréthylène. Jétais devenue ce que je méprisais le plus, un junkie. Si lon mavait dit ça quelques mois auparavant ça maurait fait marrer.
Le monde des drogués, du moins ceux que je fréquentais, était compartimenté, il y avait ceux qui en prenaient pour échapper à la réalité, et les autres, dont je faisais parti, qui se droguaient pour pouvoir laffronter ou du moins la supporter.
Puis un jour, au réveil, je me sentais dans un état second, très faible, je titubais, bref jarrive à me procurer des médicaments et me prépare un mélange denfer, puis je me rends au centre ville. Ça va mal, le malaise samplifie, je vise un banc pour masseoir, mais je nai pas le temps de latteindre, je mécroule.
Jai appris par la suite que des amis mavaient transporté chez eux et appelé mes parents pour quils viennent me chercher. Je nai pas grands souvenirs du retour, tout ce dont je me rappelle cest que je nai pas prononcé un mot. Un vrai zombie.
Le problème avec la drogue, est que lon retrouve à la sortie les valises quon avait laissées à lentrée.
De retour à la maison, je restais enfermé, incapable daffronter lextérieur, même quand des amis de mes parents venaient leur rendre visite, je me cloîtrais dans ma chambre. Je navais plus la dope pour affronter la réalité et moi-même.
Les rapports avec ma mère sétaient transformés, elle me soignait. Quand à mon frère, il nintervenait pas. De toutes façon je ne réagissais plus à quoi que ce soit, je passais mes journées prostré à regarder le mur den face, complètement défoncé par la dizaine de médicaments que je devais prendre.
Il ma fallut 2 ans de traitements psychiatrique et médicamenteux pour refaire surface. Mais cette période ma laissé de gros problèmes psychologiques. Et cest à cette période que jai commencé à peindre. Jai passé sous silence mes activités politiques pendant cette période, car jai fréquenté très rapidement les milieux extrémistes et surtout libertaires, écolo libertaires, mais la aussi ça pourrait faire lobjet dun autre chapitre.
.a suivre ..
Les années Seventies
.Suite 3
Jai 18 ans
Je me casse
Mon seul ami avec qui je partageais mon ennui et les amphétamines, maccompagna jusqu'à la sortie du village. Il nous a fallu deux bonnes heures pour se dire au revoir. Malheureusement il ne pouvait pas maccompagner et cest tout seul que jaffronterais la dure réalité de la route.
Direction le sud, en auto-stop et je me retrouve à Sète. A lépoque beaucoup de jeunes se retrouvaient à la rue, soient rejetés par leurs parents qui voulaient se débarrasser deux, soit des fugueurs qui avait subis les mêmes gâteries que moi.
On se regroupait en fonction des affinités, de nos blessures. Des ados de 16 à 20 ans complètement ravagés par la drogue, qui vivaient de rapines et couchaient à la belle étoile.
Je suis resté 3 semaines dans cette ville à glander avec mes petites économies.
Ensuite direction Bordeaux. Pourquoi Bordeaux, jen sais rien, en réalité je faisais du stop dans une direction et quand ça ne marchait pas je faisais la même chose dans le sens inverse. Cest con hein ? Mais bon jallais au hasard, et je me foutais bien de lendroit oû jatterrissais. Pas de problème pour faire des rencontres. Le simple fait davoir les cheveux longs suffisait. Cétait un signe de ralliement, on se reconnaissait, on faisait partie de la « famille », et une solidarité existait réellement entre nous. Surtout au niveau de la dope
Bordeaux reste un grand souvenir, en tous cas lun des plus nostalgique.
Je me suis retrouvé chez un trio (deux nanas et un mec) qui ma hébergé. Seule une des fille travaillait régulièrement, le mec ne faisait rien il était du genre lunaire plein dhumour et très sympa. Quand à sa petite amie, une blonde au psychisme un peu décalé, et dune gentillesse, dune douceur extraordinaire. En lespace de quelques jours je fis la connaissance des principaux dealers du coin. Je nai jamais compris pourquoi les circonstances me mettaient souvent en présence de personnes en marge de la loi. En quatre mois de séjour dans cette ville, je ne suis sorti de lappartement que 2 ou trois fois. Nous passions toutes les journées à nous camer. On ne se nourrissait presque pas. Les dealers venaient faire leur trafic dans lappart et nous laissaient en échange suffisamment de quoi se péter la tête. A lépoque 20 grammes de shit me duraient 3 jours et comme javais de quoi faire, je le fumais pur, le grand luxe). Cest là que jai pris mon premier acid (Du bleu Sun) (On écrivait Acid sans e, ne me demandez pas pourquoi). Le type mavait dit de me méfier, et de nen prendre que la moitié si je nen avais jamais pris. Ce que je navais pas compris cest que je navais jamais pris dacid du tout, et que celui-ci était particulièrement fort. Bref javale la moitié du truc, idem pour les filles et mon pote. Je suis resté prés de 4 heures assis au bord du lit à caresser le chien, qui nétait en réalité que le manteau de fourrure dune des filles. Tout était devenu vivant, les fils électriques, des serpents, les personnages des posters sortaient se balader sur les murs, même le plafond bougeait. Une tentative sur le balcon, jagrippe la rambarde mais celle-ci se transforme en caoutchouc. Juste le temps de reculer pour ne pas basculer dans le vide.
Une des filles nous apporte du café dans une casserole et la pose sur le sol. Ça nous fait bien envie, mais impossible de sapprocher, ce noir dans la casserole cest un trou dans le plancher et si lon sapproche celui-ci va sécrouler.
Bref on décide de sortir acheter des clopes ..Wouahhh ! Bordeaux sous acid cest autre chose ..
Vous connaissez sûrement ces cartes postales de nuit oû les voitures ne sont que traînées lumineuses. Et bien là cest pareil sauf quaux feux rouges ces mêmes traînées se matérialisent en bagnoles. Et tout est du même tonneau. Vous pensez mettre quelques secondes pour traverser la rue, mais en réalité il va vous falloir plusieurs minutes, car plus vous marchez et plus le trottoir den face séloigne. Dans le bureau de tabac les pires difficultés pour sortir, la porte vitrée était devenue un véritable labyrinthe de verre. Retour à lappart, la blonde entame un délire hallucinatoire, son mec la couche sur le lit et reste auprès delle pour la surveiller. Elle narrête pas de répéter « je gonfle ! Je gonfle ! ». Lui se marre comme un malade et samuse à la faire parler. Elle nous raconte quelques passages croustillants avec sa mère avec laquelle elle entretenait des rapports très particuliers en compagnie du toutou de la maison, si vous voyez ce que je veux dire.
On écoute tous atterrés, et elle nest pas avare de détails. Puis elle fini par sendormir. Là je suis sidéré. Comment peut elle sendormir dans cet état dhyper excitation et avec toutes les hallucinations. Personnellement je narrivais même pas à fermer mes paupières 2 secondes. Au cours de son sommeil elle narrêtait pas de dire quelle gonflait.
« Je gonfle ! Je gonfle ! » Le lendemain matin. Nous sortons petit à petit de notre torpeur, et commençons à réaliser létendue des dégâts. Un énorme tas dordures en plein milieu de lappart surmonté dun fauteuil, boite de sel éventré, conserves renversées, des déchets, papiers et autres trucs jonchent le sol, un capharnaüm incroyable. On a fait tout ça ? Faut croire, et on ne se souvient pas de grand-chose. La blonde se réveille et là incroyable, sa tête avait doublé de volume. Elle se souvient de ce quelle nous a raconté et essaie de faire passer ça pour un délire
Les journées passent, ponctuées par le passage des dealers. La fille qui travaillait quitte son boulot. Ça nous empêche pas de continuer à vivre quelques temps comme ça, vautrés dans la drogue, avant que les proprios nous foutent à la porte.
Ces mêmes proprios qui nous ont envoyé tour à tour, les murs, les stups et la brigade des mineurs. Le plus rigolo dans cette histoire cest que les stups dans leur perquisition ont oublié de regarder létagère tout en haut de larmoire. Car là javais tout mon arsenal : Pipe à eau, shilom, petite pipe à shit, ainsi quun gros tube de carton percé de trous sur le dessus pour y coincer les joints, à lépoque on appelait ça un bazooka. Bref tout le matériel du parfait ouvrier. Là on était mort de rire. Lappartement était ouvert à tous, cest le genre de truc qui se sait très vite et ça défilait jours et nuits. Un jour une bande débarque, avec de la sève. Ça venait darriver sur Bordeaux et ils ne savaient pas combien vendre le truc. Bref ils voulaient tester avec nous, gratos bien sûr. Je ne me suis pas fait prier. Une fois bien arraché, je mallonge sur le lit et là les mecs ont commencé a partouzer les filles, ils mont même invité, mais vu létat oû jétais ça risquait pas. Il faut dire quà cette période les filles pour moi nexistaient pas, ma seule préoccupation était la drogue et rien dautres. Du moment que je pouvais méchapper de moi cétait tout ce qui comptait.
A suivre
Les années Seventies
.Suite 2
Adolescence
A partir de mes 15 ans, mon frère prit le relais de ma mère (en ce qui concerne les punitions corporelles).
Et là je dois dire que jai pas gagné au change, cétait beaucoup plus hard.
Le jour de mon anniversaire (il a sûrement voulu que je me souvienne de ce jour mémorable), il me coince dans le garage, et me fait une grosse tête (la routine quoi). Une demi heure après, je sors la gueule en sang et là japerçois entre mes yeux gonflés, mes parents qui attendaient calmement que ça se passe. Putain y nont même pas applaudi !
Jai dû subir ce connard jusquà lage de 18 ans.
Je nai plus jamais adressé la parole à mon frère jusqu'à la mort de mon père ..25 ans après.
Lépoque voulait que lon ait les cheveux longs, et je les avais longs, malgré la désapprobation de mon frangin et de mes parents, mais étrangement, ils ne me les ont pas coupé de force. A cette époque, et vu mon look et le bled ou je vivais, la moindre incursion dans la rue et je me faisais démonté par une bande de bouseux qui se tenaient à laffût de mes moindres faits et gestes, histoire de se défouler. Les commerçants, refusaient de me servir, du jour au lendemain jétais devenu « un voyou ». Même les flics se sont mis de la partie, et quand jallais au boulot, ils mattendaient à deux pas de chez moi pour me demander mes papiers et minsulter. Trois années denfer entre cassage de gueule, vexations, ennui, désespoir.
Ce qui me conduisis tout droit vers lalcool, mais ça ne me convenait pas, alors je suis passé directement aux drogues dures, sans passer par la case cannabis (jarrivais pas à en trouver).Javais un pote préparateur en pharmacie, cest lui qui ma procuré les amphé. Et ce fut le choc de ma vie. Pour la première fois de mon existence je me suis senti bien dans ma peau. Je men suis goinfré pendant 3 ans jusqu'à ce jour fatidique où jai pris mon courage à deux mains et demandé à ma mère si je pouvais quitter la maison. A ma grande surprise elle a dit oui. Je mattendais à ce quelle dise à mon frangin de me rosser, où quelle me linterdise (vue que jétais mineur) et bien non. Du coup ça ma foutu les jetons de me retrouvé livré à moi-même. A lépoque je navais que très peu de liberté. Mais je ne me suis pas dégonflé, et suis parti sur les routes, au hasard. Jai appris par la suite que mon cher frère avait sillonné la ville pour me retrouver. Histoire de me faire la bise sûrement.
..A suivre
Premiére partie
Enfance
Histoire de vous mettre dans lambiance qui a précédé cette période, je vais vous raconter un peu mon enfance sans trop métendre. (Jédulcore au maximum, car ça pourrais faire lobjet de plusieurs tomes).
Jai été élevé sous lautorité de ma mère dans la claustration, les coups et sévices en tous genres, sans avoir le droit dinviter des camarades à la maison, de sortir, regarder la télé. La moindre erreur me valait une volée de coups (Ne pas se tenir droit, parler a table, etc. ). Mon trajet de lécole à la maison était chronométré par ma mère, et si je dépassais dune ou deux minutes, elle mattendait le fouet à la main. (Yavait pas que le fouet, mais le bâton, le nerf de buf. )
A chaque fois quelle me battait, (et quand je dis ça, je pèse mes mots, car il sagissait dun véritable passage à tabac), elle me mettait au lit, et quand mon père rentrait du boulot, il men sortait pour en remettre une couche, idem pour mon frère (mon aîné de 7 ans) qui me détestait. Bref une volée en 3 exemplaires.
Une phrase me revient souvent en mémoire lorsque ma mère me frappait (avec le fouet) « Jen ai mal au poignet » ce qui peut vous donner une idée de la violence. Après, il me fallait une bonne demi heure pour pouvoir me relever, car les multiples zébrures sanguinolentes sur les jambes mempêchaient de faire le moindre mouvement.
A chaque fois quelle décidait de me tabasser, (pour une raison parfois futile), je me mettais en position du fétus, les bras repliés sur la tête pour éviter les coups sur le visage. Je criais pitié ! Pitié ! Entre mes sanglots étranglés, mais rien ny faisait, elle continuait de plus belle. Le seul avantage, cest que pendant plusieurs jours, pas décole, le temps que mes jambes cicatrisent.
Quel age devais je avoir ? Juste le souvenir quil fallait me mette sur la pointe des pieds pour atteindre le niveau de la table. Ça la prenait comme ça, tout dun coup.
Elle saccroupie, me prend la main et me la mord de plus en plus fort en me regardent droit dans les yeux : « ça fait mal hein ? Ça fait mal ! » Avec son sourire sadique. Je regardais ses yeux au travers du brouillard de mes larmes, je ne comprenais pas pourquoi. Son regard dun bleu très pale, ses yeux me paraissaient énormes et sa pupille étroite, le regard dun serpent. Quelques fois elle menfermait pendant plusieurs heures dans la cave sans lumière (lendroit me terrorisait, car elle était remplie daraignées). Hurlements et pleurs ny faisait rien, elle navait aucune pitié.
Mes parents sentendaient très mal, pas besoin de réveil le matin car leur enguelade journalière et très matinale suffisaient pour me sortir du sommeil. Jy étais tellement habitué que je me réveillais une ou deux minutes avant que ça barde.
Dans ces moments la il fallait que je me tienne à carreau toute la journée pour ne pas dérouiller.
Elle ne venait jamais me chercher à la sortie de lécole, même à la maternelle. Je me tapais le chemin à pied, seul (nous habitions un petit village dans la Beauce). Un jour, sur le chemin du retour, japerçois un type en train de battre son chien avec ce que jidentifiais comme étant un manche de pioche. Le chien était attaché par une chaîne à un arbre, et le mec le tabassait comme un dingue, même en me bouchant les oreilles ça ne suffisait pas à couvrir les hurlements de lanimal (cétait un berger allemand). Terrorisé, mon cur me battait dans la bouche, jai pris mon élan et couru jusquà la maison en pleurs. Je pousse la porte dentrée, elle résiste dune façon inhabituelle, je force et réussi péniblement à me faufiler dans lentrée. Le sol était jonché de vaisselle cassée. Je narrivais même pas à distinguer le carrelage, tout le couloir était recouvert, le sol de la cuisine aussi. Ma mère se tenait là, debout, une pile dassiettes à la main quelle jetait en rage sur le sol. Quand elle me vit, elle sempara dun plat en porcelaine et le jeta dans ma direction : « Cest de ta faute ça ! ».
Pas le temps de réagir, ni de me baisser pour éviter le projectile qui alla se fracasser contre la porte dentrée.
Bizarrement ce nest pas cette agression qui ma fait le plus peur, mais la colère de ma mère, car cette violence se retournait souvent contre moi.
Bien sûr ma mère était réac, ça va de soit, mais aussi misogyne, raciste, jalouse, radine, misanthrope.
Quand je pense quà quelques jours prés jétais Parisien, et il a fallut que je naisse dans un bled pourri de Beauce.
Un bled de merde ou les instituteurs nous tabassaient, même ceux des cours préparatoires qui nous attachaient aux portes manteaux par la ceinture de nos blouses. Essayez dimaginer la hauteur que représente un porte manteau pour un gosse qui sort de la maternelle .Dautant quils nous laissaient suspendus pendant tout le cours, ou jusqu'à la rupture de la ceinture, et le gamin se vautrait la gueule sur le carrelage. Si je choppais un de ces connards aujourdhui il regretterait de ne pas être passé entre les mains des nazis. Pourquoi ces types là avaient ils choisi ce métier ?
Un souvenir me revient, celui dun mastodonte du style de ce champion de karaté (le copain de Bernadette Chirac), mais en beaucoup moins sympa. Un jour il lui prit lenvie de coller un gosse au coin, à genoux sur une règle en métal. Evidemment au bout dun quart dheure le gamin se plaint (et oui ça fini par faire mal), bref au bout dun moment le gros con sénerve et commence à lui dire de se taire en lui envoyant des coups de pieds dans les jambes, puis de fil en aiguille il frappe de plus en plus fort tout en linsultant, toujours à coup de pied. Le gamin tombe, et là le mec se fâche pour de bon et le roue de coups de pieds. Hurlements, cris, puis un autre hurlement beaucoup plus fort que les autres, le connard sarrête de frapper, prend le gamin dans les bras et lemporte chez le directeur (yavait pas dinfirmerie, évidemment). Nous apprenions plus tard quil lui avait cassé la jambe. A cette époque les parents étaient moins susceptibles quaujourdhui, non seulement ils ne déposaient pas de plaintes, mais ils encourageaient les instits à nous taper dessus, et ceux-ci ne sen privaient pas.
Mais la violence ne sarrêtait pas là. Il y avait aussi à la sortie de lécole un rite tout à fait sympa. Le jeu consistait (pour les plus grands, et les plus cons des élèves toutes classes confondues) à vous enfermer dans un cercle infranchissable dans lequel vous deviez vous battre avec un mastodonte (et croyez moi en Beauce ce genre de boeuf ça manque pas). Evidemment la proie était toujours un mec chétif, et moi je faisais parfaitement laffaire, dautant que je nétais pas un fils de paysan, ce qui constituait à leurs yeux la pire des tares. Bref je me faisait refaire le portrait, et une fois au sol, la ronde vous achevait à coups de pied. Dans ces cas là, je rentrais chez moi en retard, et donc je savais que jallais prendre une volée. La gueule en sang, les yeux pochés et des bleus sur tout le corps, ma chère et tendre mère mattendait à lentrée de la maison (que dailleurs javais rebaptisée Alcatraz), et vue mon état maccusait de tous les mots et me passait consciencieusement à tabac.
.......................A suivre
Maxou avait 14 ans, très timide, renfermé et solitaire,
il voulait entrer aux beaux arts, mais sa maman ne voulait pas,
elle désirait quil gagne sa vie dans lalimentaire Ça rapporte lalimentaire.
Donc elle le plaça chez un boulanger, en apprentissage.
Un soir, son papa laccompagna chez celui qui sera dorénavant son patron.
et le laissa là, face à La chose.
Le patron en question mesurait dans les 2 mètres
et devait peser dans les 140 kilos.
Dune saleté et dune vulgarité sans nom,
aussi bien dans ses propos que dans son comportement.
A longueur de journée cétait les grosses blagues sur le sexe
ponctuées de grognements et de rots (volontaires ou non).
La femme de ce patron était une petite chose pleine de mépris et de paroles blessantes.
Elle prit Maxou en grippe immédiatement, faisant allusion à sa timidité et se moquant de lui.
La grand mère, (parce quil y avait une grand mère) se voulait toute menue et gentille.
Ce petit bout de femme adorait manger les yeux de lapin Elle était accompagné dun chien (un batard). Un jour elle décida de sen débarrasser Et tout naturellement, elle le pendit par le cou à la corde à linge, et lui tira dessus avec le fusil de chasse.
Et il y avait pour compléter le tableau, lapprenti
Dés quil vit Maxou il lui dit quil naimait pas sa gueule
et quil lui en ferait voir de toutes les couleurs.
Quant au lieu de travail, le fournil, dune crasse inimaginable
Des espèces de toiles qui servaient à poser la pâte à pain fraîche, traînaient par terre
Le chien de la maison si réfugiait et pissait régulièrement dessus.
Ces toiles nétaient évidemment jamais nettoyées
Maxou était désespéré à lidée quil allait rester 3 longues années dans cet univers écoeurant.
Dans son cur denfant pris place le désespoir.
Et Les journées passèrent
Lever à 1 heure du matin, le ventre vide, il fallait avaler un verre rempli pour moitié de café et pour lautre moitié de kirsh, le tout très chaud et sans sucre.
Maxou navait jamais bu dalcool de sa vie, mais le patron insista
en linsultant et le menaçant de lui foutre sur la gueule.
Puis le travail commençait, sous les hurlements du patron et les rires moqueurs de lapprenti.
Pas une minute de repos, même pour aller aux toilettes il fallait se dépêcher.
Vers 10 heures du matin, le petit dej très rapide, de lordre de 5 minutes maxi.
Même là, le patron intervenait pour le précipiter
et bien souvent le bol de café finissait dans lévier.
Le midi tout ce beau monde se retrouvait autour de la table familiale,
ou plutôt autour de la mangeoire.
Maxou avait perdu lappétit et ne pouvait plus avaler grand chose
tellement la vision de ces porcs le dégoûtait.
Le spectacle du patron la tête penché au ras de lauge qui lui servait dassiette.
Ce monstre qui se goinfrait, enfonçant les aliments dans sa bouche avec les deux mains dans un boucan invraisemblable, tout en rotant bruyamment. Et ceci tout au long du repas et dans lindifférence général des pauvres crétins qui lentouraient Lhorreur.
Maxou se demandait sil ne rêvait pas, sil nallait pas sortir de ce cauchemar
ça ne pouvait être quun cauchemar
Juste après le repas, le travail reprenait, toujours sous les aboiements et les menaces du gros. Laprès midi, le monstre lui octroyait 2 ou 3 heures de sommeil avant de remettre ça jusqu'au soir vers 11heures oû il le gratifiait généreusement dune bonne nuit de sommeil
de 2 heures
Les jours se suivirent pendant deux longues années
Maxou néxistait plus, il était devenu Timide.
Cétait le nouveau nom que la patronne avait décidé de lui donner
Et depuis ce jour toute cette sainte famille de pourceaux lappela ainsi,
même le rejeton du gros porc. Et oui ce truc immonde avait réussi à engrosser la truie et lui refiler un polichinelle.
Bref le gamin en question avait 4 ou 5 ans,
et était aussi ignoble que le reste de la famille.
Et bien entendu, il ne connaissait Maxou que sous le nom de Timide.
Deux années de tortures morales, de travail, 18 heures par jour
Maxou était devenu un autre Il ne se nourrissait pratiquement plus
pour sortir le plus vite possible de table.
Il avait pratiquement perdu lusage de la parole Il ne répondait que par oui ou non
Le silence et cette boule dans lestomac Les envies de suicide
La situation était devenue tel que le patron sen inquiéta auprès du père du jeune homme.
Ce jour là Maxou se tenait debout à coté du gros, celui-ci lui montrait comment étaler de la patte avec un rouleau à pâtisserie.
La bête immonde poussait sur le rouleau tout en éructant et soufflant bruyamment.
Il était torse nu.
Maxou serrait très fort le couteau quil tenait dans sa main
Un de ces couteaux dune trentaine de centimètres...Brillant et très pointu
Il regardait ce dos monstrueux et serrait de plus en plus fort le couteau
Mais non Je ne pourrais pas Et si jamais je le ratais ?
Est-ce que le couteau va senfoncer suffisamment pour le tuer ?
Si le couteau rebondissait sur un os ?
Si jamais je ne le tuais pas du premier coup ?
Lui ne me raterait pas
Ça nest pas la peur de tuer qui ce jour là lempêcha de passer à lacte,
mais la peur de rater son coup Les représailles
La prison, il sen fichait complètement ça ne pouvait pas être pire
Il abandonna cette idée Mais le regretta
Cet échec ne fit quaccentuer son état dépressif Dont dailleurs personne ne se souciait
Il aurait préférer mourir Il ne voyait aucune issue
Bien sûr il pensa à la fugue Mais oû aller ?
Il ne connaissait rien de la vie De lextérieur
Jaimerais bien mourir Dormir longtemps
Le lundi était jour de repos, mais Maxou le passait surtout à dormir.
Pas damis Pas de joies Le néant
La mort cest mieux
Un jour Maxou raconta à sa mère que son patron le faisait boire à son travail.
Comme la maman de maxou naimait pas les alcooliques, elle décida de rompre le contrat dapprentissage.
Pourquoi navait il pas raconter ça plus tôt ?
Il naurait pas imaginé que ce détail aurait pu le sauver de cet enfer
Mais Maxou avait gardé cet enfermement permanent et trouva un réconfort dans la drogue qui devint son compagnon de voyage pendant quelques années
Bien des années plus tard Maxou décida de se rendre dans le village ou résidait cette boulangerie
Bien entendu les patrons nétaient plus les mêmes, mais il retrouva lépicière du coin qui les avait connus.
Elle lui raconta que celui-ci avait sombré dans lalcool, et quun jour les gendarmes retrouvèrent le fils de celui-ci dans les toilettes étranglé.
Les policiers soupçonnèrent le patron il aurait très bien pu faire le coup dans un état débriété, mais sans preuves laffaire ne fut jamais résolue.
A la suite de ce drame, ils décidèrent de vendre la boulangerie
et partirent dans une autre ville ouvrir un débit de boisson.
Evidemment ça narrangea pas les choses
Il se mis à boire de plus en plus et fini par en mourir.
Maxou ne revint plus jamais dans le village.
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