Séventies 3
Les années Seventies
.Suite 3
Jai 18 ans
Je me casse
Mon seul ami avec qui je partageais mon ennui et les amphétamines, maccompagna jusqu'à la sortie du village. Il nous a fallu deux bonnes heures pour se dire au revoir. Malheureusement il ne pouvait pas maccompagner et cest tout seul que jaffronterais la dure réalité de la route.
Direction le sud, en auto-stop et je me retrouve à Sète. A lépoque beaucoup de jeunes se retrouvaient à la rue, soient rejetés par leurs parents qui voulaient se débarrasser deux, soit des fugueurs qui avait subis les mêmes gâteries que moi.
On se regroupait en fonction des affinités, de nos blessures. Des ados de 16 à 20 ans complètement ravagés par la drogue, qui vivaient de rapines et couchaient à la belle étoile.
Je suis resté 3 semaines dans cette ville à glander avec mes petites économies.
Ensuite direction Bordeaux. Pourquoi Bordeaux, jen sais rien, en réalité je faisais du stop dans une direction et quand ça ne marchait pas je faisais la même chose dans le sens inverse. Cest con hein ? Mais bon jallais au hasard, et je me foutais bien de lendroit oû jatterrissais. Pas de problème pour faire des rencontres. Le simple fait davoir les cheveux longs suffisait. Cétait un signe de ralliement, on se reconnaissait, on faisait partie de la « famille », et une solidarité existait réellement entre nous. Surtout au niveau de la dope
Bordeaux reste un grand souvenir, en tous cas lun des plus nostalgique.
Je me suis retrouvé chez un trio (deux nanas et un mec) qui ma hébergé. Seule une des fille travaillait régulièrement, le mec ne faisait rien il était du genre lunaire plein dhumour et très sympa. Quand à sa petite amie, une blonde au psychisme un peu décalé, et dune gentillesse, dune douceur extraordinaire. En lespace de quelques jours je fis la connaissance des principaux dealers du coin. Je nai jamais compris pourquoi les circonstances me mettaient souvent en présence de personnes en marge de la loi. En quatre mois de séjour dans cette ville, je ne suis sorti de lappartement que 2 ou trois fois. Nous passions toutes les journées à nous camer. On ne se nourrissait presque pas. Les dealers venaient faire leur trafic dans lappart et nous laissaient en échange suffisamment de quoi se péter la tête. A lépoque 20 grammes de shit me duraient 3 jours et comme javais de quoi faire, je le fumais pur, le grand luxe). Cest là que jai pris mon premier acid (Du bleu Sun) (On écrivait Acid sans e, ne me demandez pas pourquoi). Le type mavait dit de me méfier, et de nen prendre que la moitié si je nen avais jamais pris. Ce que je navais pas compris cest que je navais jamais pris dacid du tout, et que celui-ci était particulièrement fort. Bref javale la moitié du truc, idem pour les filles et mon pote. Je suis resté prés de 4 heures assis au bord du lit à caresser le chien, qui nétait en réalité que le manteau de fourrure dune des filles. Tout était devenu vivant, les fils électriques, des serpents, les personnages des posters sortaient se balader sur les murs, même le plafond bougeait. Une tentative sur le balcon, jagrippe la rambarde mais celle-ci se transforme en caoutchouc. Juste le temps de reculer pour ne pas basculer dans le vide.
Une des filles nous apporte du café dans une casserole et la pose sur le sol. Ça nous fait bien envie, mais impossible de sapprocher, ce noir dans la casserole cest un trou dans le plancher et si lon sapproche celui-ci va sécrouler.
Bref on décide de sortir acheter des clopes ..Wouahhh ! Bordeaux sous acid cest autre chose ..
Vous connaissez sûrement ces cartes postales de nuit oû les voitures ne sont que traînées lumineuses. Et bien là cest pareil sauf quaux feux rouges ces mêmes traînées se matérialisent en bagnoles. Et tout est du même tonneau. Vous pensez mettre quelques secondes pour traverser la rue, mais en réalité il va vous falloir plusieurs minutes, car plus vous marchez et plus le trottoir den face séloigne. Dans le bureau de tabac les pires difficultés pour sortir, la porte vitrée était devenue un véritable labyrinthe de verre. Retour à lappart, la blonde entame un délire hallucinatoire, son mec la couche sur le lit et reste auprès delle pour la surveiller. Elle narrête pas de répéter « je gonfle ! Je gonfle ! ». Lui se marre comme un malade et samuse à la faire parler. Elle nous raconte quelques passages croustillants avec sa mère avec laquelle elle entretenait des rapports très particuliers en compagnie du toutou de la maison, si vous voyez ce que je veux dire.
On écoute tous atterrés, et elle nest pas avare de détails. Puis elle fini par sendormir. Là je suis sidéré. Comment peut elle sendormir dans cet état dhyper excitation et avec toutes les hallucinations. Personnellement je narrivais même pas à fermer mes paupières 2 secondes. Au cours de son sommeil elle narrêtait pas de dire quelle gonflait.
« Je gonfle ! Je gonfle ! » Le lendemain matin. Nous sortons petit à petit de notre torpeur, et commençons à réaliser létendue des dégâts. Un énorme tas dordures en plein milieu de lappart surmonté dun fauteuil, boite de sel éventré, conserves renversées, des déchets, papiers et autres trucs jonchent le sol, un capharnaüm incroyable. On a fait tout ça ? Faut croire, et on ne se souvient pas de grand-chose. La blonde se réveille et là incroyable, sa tête avait doublé de volume. Elle se souvient de ce quelle nous a raconté et essaie de faire passer ça pour un délire
Les journées passent, ponctuées par le passage des dealers. La fille qui travaillait quitte son boulot. Ça nous empêche pas de continuer à vivre quelques temps comme ça, vautrés dans la drogue, avant que les proprios nous foutent à la porte.
Ces mêmes proprios qui nous ont envoyé tour à tour, les murs, les stups et la brigade des mineurs. Le plus rigolo dans cette histoire cest que les stups dans leur perquisition ont oublié de regarder létagère tout en haut de larmoire. Car là javais tout mon arsenal : Pipe à eau, shilom, petite pipe à shit, ainsi quun gros tube de carton percé de trous sur le dessus pour y coincer les joints, à lépoque on appelait ça un bazooka. Bref tout le matériel du parfait ouvrier. Là on était mort de rire. Lappartement était ouvert à tous, cest le genre de truc qui se sait très vite et ça défilait jours et nuits. Un jour une bande débarque, avec de la sève. Ça venait darriver sur Bordeaux et ils ne savaient pas combien vendre le truc. Bref ils voulaient tester avec nous, gratos bien sûr. Je ne me suis pas fait prier. Une fois bien arraché, je mallonge sur le lit et là les mecs ont commencé a partouzer les filles, ils mont même invité, mais vu létat oû jétais ça risquait pas. Il faut dire quà cette période les filles pour moi nexistaient pas, ma seule préoccupation était la drogue et rien dautres. Du moment que je pouvais méchapper de moi cétait tout ce qui comptait.
A suivre