Les années Séventies
Premiére partie
Enfance
Histoire de vous mettre dans lambiance qui a précédé cette période, je vais vous raconter un peu mon enfance sans trop métendre. (Jédulcore au maximum, car ça pourrais faire lobjet de plusieurs tomes).
Jai été élevé sous lautorité de ma mère dans la claustration, les coups et sévices en tous genres, sans avoir le droit dinviter des camarades à la maison, de sortir, regarder la télé. La moindre erreur me valait une volée de coups (Ne pas se tenir droit, parler a table, etc. ). Mon trajet de lécole à la maison était chronométré par ma mère, et si je dépassais dune ou deux minutes, elle mattendait le fouet à la main. (Yavait pas que le fouet, mais le bâton, le nerf de buf. )
A chaque fois quelle me battait, (et quand je dis ça, je pèse mes mots, car il sagissait dun véritable passage à tabac), elle me mettait au lit, et quand mon père rentrait du boulot, il men sortait pour en remettre une couche, idem pour mon frère (mon aîné de 7 ans) qui me détestait. Bref une volée en 3 exemplaires.
Une phrase me revient souvent en mémoire lorsque ma mère me frappait (avec le fouet) « Jen ai mal au poignet » ce qui peut vous donner une idée de la violence. Après, il me fallait une bonne demi heure pour pouvoir me relever, car les multiples zébrures sanguinolentes sur les jambes mempêchaient de faire le moindre mouvement.
A chaque fois quelle décidait de me tabasser, (pour une raison parfois futile), je me mettais en position du fétus, les bras repliés sur la tête pour éviter les coups sur le visage. Je criais pitié ! Pitié ! Entre mes sanglots étranglés, mais rien ny faisait, elle continuait de plus belle. Le seul avantage, cest que pendant plusieurs jours, pas décole, le temps que mes jambes cicatrisent.
Quel age devais je avoir ? Juste le souvenir quil fallait me mette sur la pointe des pieds pour atteindre le niveau de la table. Ça la prenait comme ça, tout dun coup.
Elle saccroupie, me prend la main et me la mord de plus en plus fort en me regardent droit dans les yeux : « ça fait mal hein ? Ça fait mal ! » Avec son sourire sadique. Je regardais ses yeux au travers du brouillard de mes larmes, je ne comprenais pas pourquoi. Son regard dun bleu très pale, ses yeux me paraissaient énormes et sa pupille étroite, le regard dun serpent. Quelques fois elle menfermait pendant plusieurs heures dans la cave sans lumière (lendroit me terrorisait, car elle était remplie daraignées). Hurlements et pleurs ny faisait rien, elle navait aucune pitié.
Mes parents sentendaient très mal, pas besoin de réveil le matin car leur enguelade journalière et très matinale suffisaient pour me sortir du sommeil. Jy étais tellement habitué que je me réveillais une ou deux minutes avant que ça barde.
Dans ces moments la il fallait que je me tienne à carreau toute la journée pour ne pas dérouiller.
Elle ne venait jamais me chercher à la sortie de lécole, même à la maternelle. Je me tapais le chemin à pied, seul (nous habitions un petit village dans la Beauce). Un jour, sur le chemin du retour, japerçois un type en train de battre son chien avec ce que jidentifiais comme étant un manche de pioche. Le chien était attaché par une chaîne à un arbre, et le mec le tabassait comme un dingue, même en me bouchant les oreilles ça ne suffisait pas à couvrir les hurlements de lanimal (cétait un berger allemand). Terrorisé, mon cur me battait dans la bouche, jai pris mon élan et couru jusquà la maison en pleurs. Je pousse la porte dentrée, elle résiste dune façon inhabituelle, je force et réussi péniblement à me faufiler dans lentrée. Le sol était jonché de vaisselle cassée. Je narrivais même pas à distinguer le carrelage, tout le couloir était recouvert, le sol de la cuisine aussi. Ma mère se tenait là, debout, une pile dassiettes à la main quelle jetait en rage sur le sol. Quand elle me vit, elle sempara dun plat en porcelaine et le jeta dans ma direction : « Cest de ta faute ça ! ».
Pas le temps de réagir, ni de me baisser pour éviter le projectile qui alla se fracasser contre la porte dentrée.
Bizarrement ce nest pas cette agression qui ma fait le plus peur, mais la colère de ma mère, car cette violence se retournait souvent contre moi.
Bien sûr ma mère était réac, ça va de soit, mais aussi misogyne, raciste, jalouse, radine, misanthrope.
Quand je pense quà quelques jours prés jétais Parisien, et il a fallut que je naisse dans un bled pourri de Beauce.
Un bled de merde ou les instituteurs nous tabassaient, même ceux des cours préparatoires qui nous attachaient aux portes manteaux par la ceinture de nos blouses. Essayez dimaginer la hauteur que représente un porte manteau pour un gosse qui sort de la maternelle .Dautant quils nous laissaient suspendus pendant tout le cours, ou jusqu'à la rupture de la ceinture, et le gamin se vautrait la gueule sur le carrelage. Si je choppais un de ces connards aujourdhui il regretterait de ne pas être passé entre les mains des nazis. Pourquoi ces types là avaient ils choisi ce métier ?
Un souvenir me revient, celui dun mastodonte du style de ce champion de karaté (le copain de Bernadette Chirac), mais en beaucoup moins sympa. Un jour il lui prit lenvie de coller un gosse au coin, à genoux sur une règle en métal. Evidemment au bout dun quart dheure le gamin se plaint (et oui ça fini par faire mal), bref au bout dun moment le gros con sénerve et commence à lui dire de se taire en lui envoyant des coups de pieds dans les jambes, puis de fil en aiguille il frappe de plus en plus fort tout en linsultant, toujours à coup de pied. Le gamin tombe, et là le mec se fâche pour de bon et le roue de coups de pieds. Hurlements, cris, puis un autre hurlement beaucoup plus fort que les autres, le connard sarrête de frapper, prend le gamin dans les bras et lemporte chez le directeur (yavait pas dinfirmerie, évidemment). Nous apprenions plus tard quil lui avait cassé la jambe. A cette époque les parents étaient moins susceptibles quaujourdhui, non seulement ils ne déposaient pas de plaintes, mais ils encourageaient les instits à nous taper dessus, et ceux-ci ne sen privaient pas.
Mais la violence ne sarrêtait pas là. Il y avait aussi à la sortie de lécole un rite tout à fait sympa. Le jeu consistait (pour les plus grands, et les plus cons des élèves toutes classes confondues) à vous enfermer dans un cercle infranchissable dans lequel vous deviez vous battre avec un mastodonte (et croyez moi en Beauce ce genre de boeuf ça manque pas). Evidemment la proie était toujours un mec chétif, et moi je faisais parfaitement laffaire, dautant que je nétais pas un fils de paysan, ce qui constituait à leurs yeux la pire des tares. Bref je me faisait refaire le portrait, et une fois au sol, la ronde vous achevait à coups de pied. Dans ces cas là, je rentrais chez moi en retard, et donc je savais que jallais prendre une volée. La gueule en sang, les yeux pochés et des bleus sur tout le corps, ma chère et tendre mère mattendait à lentrée de la maison (que dailleurs javais rebaptisée Alcatraz), et vue mon état maccusait de tous les mots et me passait consciencieusement à tabac.
.......................A suivre